Les ultranationalistes bulgares bientôt au gouvernement

Pour la première fois, les ultranationalistes bulgares devraient entrer au gouvernement, à la faveur d'une alliance avec le parti de l'ancien Premier ministre, Boyko Borissov.

EURACTIV.com
epa05867555 Bulgarian police officers keep watch as supporters of the Bulgarian National-Patriotic Party block the border between Bulgaria and Turkey, at the Kapitan Andreevo check point, some 350km south-east of Sofia, Bulgaria, 24 March 2017. About 150 ultra-nationalists blocked the main checkpoint between Turkey and Bulgaria, in Kapitan Andreevo, to prevent, as they say, buses transporting voters of double nationality, Bulgarian and Turkish, to participate in the parliamentary elections on 26 March. The organizers of the protest, members of the Patriots United nationalist electoral alliance in Bulgaria (VMRO, National Front for Salvation of Bulgaria and Ataka), repeated the blocking as they organized a similar demonstration a few days earlier and promised to maintain it till election day. From the beginning of March there has been increasing tensions between Bulgaria and Turkey due to various Turkish officials calls to vote for certain ethnic Turkish parties in Bulgaria, a move condemned by Sofia as interference in internal affairs.  EPA/VASSIL DONEV
Des agents de police bulgares surveillent des partisans du Parti patriotique national qui bloquent la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, au poste de contrôle de Kapitan Andreevo. Bulgarie, 24 mars. [[Vassil Donev/EPA]]

Pour la première fois, les ultranationalistes bulgares devraient entrer au gouvernement, à la faveur d’une alliance avec le parti de l’ancien Premier ministre, Boyko Borissov.

Le Front patriotique, qui comprend le parti antisémite Ataka (« attaque »), a exploité le sentiment xénophobe pour se hisser à la troisième place lors des élections, tout en militant contre les musulmans, les roms et les homosexuels.

Le rapprochement avec le parti pro-européen de centre droit de Boyko Borissov, le GERB, qui est arrivé à la première place, offrira à la coalition une maigre majorité de deux sièges.

« Si nous n’avions pas créé de coalition, nous aurions dû organiser de nouvelles élections, pour au final nous retrouver dans la même situation », a indiqué Boyko Borissov au parlement le 13 avril, en compagnie des dirigeants du Front patriotique.

Pas d’autres options

L’un d’entre eux, Valeri Simeonov, a ajouté: « En dépit de nos différences, nous sommes obligés, dans l’intérêt de la population bulgare, de former un gouvernement commun, vu qu’il n’y a pas d’autre option de coalition. »

Étant donné que la Bulgarie et la Russie partagent des liens étroits au niveau culturel, historique et économique, les « patriotes » ont fait campagne pour le retrait des sanctions européennes contre Moscou.

Dans son programme commun cependant, la coalition s’est engagée à maintenir la place de la Bulgarie dans l’UE et l’OTAN et à réduire l’immigration.

Les partis ont également promis de faire passer le salaire minimum de 460 leva (230 €) à 650 leva en quatre ans et d’augmenter les retraites du régime public.

Si Boyko Borissov doit reprendre sa place de Premier ministre, les négociations pour l’attribution des postes ministériels ne commenceront pas avant le 17 avril.

Âgé de 57 ans, l’ancien pompier et garde du corps a déjà été deux fois Premier ministre, de 2009 à 2013 et de 2014 à 2017.

Il a présenté sa démission anticipée les deux fois, d’abord en 2013 après une manifestation massive, puis en novembre dernier après la défaite de son candidat dans la course présidentielle contre le commandant de l’armée de l’air, Rumen Radev, soutenu par les socialistes de l’opposition (BSP).

Le gouvernement comptera également sur le soutien du parti Volya de l’homme d’affaires Veselin Mareshki, qui s’autoproclame comme le Donald Trump bulgare. Volya a remporté 12 sièges sur 240 au parlement.

Le parlement devrait se réunir le 19 avril et le président Rumen Radev devrait confier un premier mandat à GERB pour former un gouvernement sous peu.

La Bulgarie doit par ailleurs désigner un nouveau commissaire européen à la suite du départ de Kristalina Georgieva en novembre dernier, qui a démissionné pour accepter un emploi à la Banque mondiale.

La Bulgarie sera à la tête de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2018.