Ca ne s'arrange pas entre M. Barroso et le premier ministre hongrois

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, se sont rencontrés hier (24 janvier) pour tenter de trouver une solution à leurs différends sur les réformes controversées adoptées en Hongrie. Les deux dirigeants ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre. Dans le même temps, les ministres des finances ont donné leur feu vert pour l'imposition de sanctions à Budapest suite à ses problèmes de déficit.

EURACTIV.com
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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, se sont rencontrés hier (24 janvier) pour tenter de trouver une solution à leurs différends sur les réformes controversées adoptées en Hongrie. Les deux dirigeants ne sont toutefois pas parvenus à s'entendre. Dans le même temps, les ministres des finances ont donné leur feu vert pour l'imposition de sanctions à Budapest suite à ses problèmes de déficit.

M. Orbán a adopté un ton plus conciliant à l'issue de sa visite à la Commission européenne. Le communiqué publié ensuite par les services de M. Barroso indiquait toutefois clairement que peu de progrès avaient été accomplis.

Intensifiant la pression sur le premier ministre hongrois, les ministres européens des finances ont publié un communiqué peu avant la réunion, afin de prévenir que la Hongrie pourrait voir ses fonds régionaux réduits si elle restait au-dessus du seuil de déficit autorisé par l'UE.

M. Orbán devait présenter un calendrier pour la modification des nouvelles lois récemment entrées en vigueur que la Commission et les observateurs considèrent comme une menace pour l'indépendance de la banque centrale du pays, de l'autorité de protection des données et du système judiciaire.

Le 17 janvier dernier, la Commission a lancé des procédures d'infraction dans ces trois domaines et a accordé trois mois aux autorités hongroises pour remédier à la situation.

« J'ai clarifié la situation avec le premier ministre, M. Orbán, et je lui ai fait part des efforts auxquels il devrait consentir pour répondre rapidement aux inquiétudes de la Commission », a déclaré M. Barroso dans un communiqué publié après la réunion.

Pour la Commission et le Fonds monétaire international (FMI), le pays devra rétablir l'indépendance de la banque centrale hongroise avant toute négociation concernant l'« aide préventive » réclamée par Budapest comme un filet de sécurité en cas de difficultés financières.

« Des inquiétudes politiques »

Tout en précisant que Bruxelles attendait des « réponses officielles » de Budapest, M. Barroso a évoqué des « inquiétudes politiques plus vastes auxquelles le gouvernement hongrois devrait répondre ».

Ces termes diplomatiques font bien sûr référence à ce qui est largement perçu en Europe comme une dérive autoritaire de la Hongrie.

Neelie Kroes, vice-présidente de la Commission et commissaire à la stratégie numérique, a fait part dans un communiqué de sa rencontre avec le directeur de Klubrádió, une station de radio populaire en Hongrie qui s'est récemment vu retirer sa licence de diffusion.

« Je viens de rencontrer le directeur général de Klubrádió, une station de radio hongroise qui a beaucoup de répondant politique et se montre souvent critique. Elle a perdu huit fréquences locales en 2011. Ces évènements sont inquiétants pour le pluralisme et la liberté des médias en Hongrie », a affirmé Mme Kroes.

Après la réunion, M. Orbán s'est exprimé brièvement devant la presse pour affirmer qu'il était prêt à procéder aux modifications juridiques demandées par l'UE et le FMI avant que les négociations sur une aide éventuelle ne puissent commencer.

« Des enjeux pas si importants »

Toutefois, selon un collaborateur de M. Orbán, la Hongrie ne procédera pas à ces modifications de la constitution et les enjeux ne sont « pas si importants », par rapport aux concessions demandées.

« Je ne suis pas certain que le premier ministre et le président de la Commission concluront un accord politique aujourd'hui », a déclaré le vice premier ministre, Tibor Navracsics, dans la presse hongroise.

La Hongrie « ne modifiera sûrement pas » sa nouvelle constitution, a affirmé M. Navracsics. « Aucune concession ne sera faite, les parties devraient trouver une solution commune », a-t-il ajouté.