Cameron annonce la création d'un fonds pour contrer les intimidations du Kremlin

Pour son possible dernier sommet européen, le premier ministre britannique a annoncé la création d'un fonds de 27,7 millions d'euros destiné à combattre les techniques d'intimidation de Moscou vis-à-vis de l'Ukraine et d'autres anciennes nations soviétiques et des Balkans.

EURACTIV.com
La fin d’un relation difficile ? Cette discussion pourrait être l’une des dernières entre Jean-Claude Juncker et David Cameron.
La fin d'un relation difficile ? Cette discussion pourrait être l'une des dernières entre Jean-Claude Juncker et David Cameron. [<a href="http://tvnewsroom.consilium.europa.eu/event/european-council-march-2015/european-council-roundtable-19-03-15#/gallery/9" target="_blank" rel="noopener">[European Council]</a>]

Pour son possible dernier sommet européen, le premier ministre britannique a annoncé la création d’un fonds de 27,7 millions d’euros destiné à combattre les techniques d’intimidation de Moscou vis-à-vis de l’Ukraine et d’autres anciennes nations soviétiques et des Balkans.

Le 19 mars, le premier ministre britannique, David Cameron, dont le pays se rend aux urnes le 7 mai, a annoncé aux dirigeants européens que le fonds pour la bonne gouvernance pourrait financer une assistance technique pour des pays comme la Moldavie, la Géorgie, la Bosnie et la Serbie en 2015 et 2016.

Le fonds serait constitué de plus de 20 millions d’euros provenant du gouvernement britannique, dont certaines aides aux développement international, et d’environ 7 millions de fonds existants qui devait déjà être alloués à l’Ukraine. Le financement au-delà de 2016 serait déterminé après un examen des dépenses et dépendra sans doute du résultat des élections.

Londres estime que le Kremlin a fait usage de la corruption et de l’autorité limitée de l’État pour déstabiliser l’Ukraine. L’argent du fonds permettrait de mettre en place des réformes et d’envoyer un signal clair quant à l’engagement du Royaume-Uni à résister à l’agression de Vladimir Poutine.

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Selon les informations d’EURACTIV, le Royaume-Uni serait heureux de voir d’autres États membres lancer le même type de programme, mais le fonds pour la bonne gouvernance serait une initiative britannique unilatérale. Il semblerait que les pays nordiques soient également prêts à préparer leurs propres versions de cette aide.

Le fonds britannique s’ajoutera à d’autres aides issues de l’UE, dans le cadre du Partenariat oriental par exemple, qui devrait être abordé le 20 mars par les chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles.

Le fonds pour la bonne gouvernance reprend le principe du fonds du savoir-faire mis sur pied par le gouvernement de Margaret Thatcher afin d’accompagner les anciens pays du bloc soviétique dans leur transition vers l’économie de marché. L’aide spécifique apportée par le fonds du savoir-faire avait été très efficace, même s’il ne s’agissait pas de sommes astronomiques, assurent les représentants britanniques.

Sanctions

La création du fonds a été annoncée lors d’un débat sur le conflit en Ukraine et les sanctions européennes imposées à la Russie, qui se terminent en juin. Le Conseil européen a décidé de faire dépendre ses sanctions du respect absolu du cessez-le-feu de Minsk.

Toute décision concernant les sanctions sera rediscutée lors de la prochaine réunion du Conseil. Selon les accords de Minsk, l’Ukraine devrait reprendre le contrôle de ses frontières d’ici la fin de l’année.

La Haute Représentante aux affaires étrangères, Federica Mogherini, est chargée de présenter un plan européen pour faire face à la propagande russe avant le sommet de juin, a annoncé après la réunion le président du Conseil, Donald Tusk.

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Selon des informations obtenues par EURACTIV avant le débat, David Cameron comptait souligner la nécessité de se concentrer sur les sanctions, plutôt que d’offrir une aide militaire.

« L’UE devrait faire usage de son pouvoir économique pour envoyer un message à la Russie […] et non fantasmer sur l’envoi d’une armée européenne », selon une source britannique.

Récemment, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a en effet fait les unes des journaux européens après avoir déclaré que l’UE aura besoin de forces armées propres à l’avenir.

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Une relation difficile

Si le parti conservateur de David Cameron ne remporte pas les élections législatives du mois de mai, le Premier ministre ne reviendra pas à Bruxelles pour le prochain sommet européen. Une défaite des conservateurs mettrait un terme définitif à la relation conflictuelle de David Cameron avec les autres dirigeants européens, et notamment avec Jean-Claude Juncker.

En 2011, sous la houlette de David Cameron, le Royaume-Uni a opposé son veto à l’instauration d’un traité européen censé limiter les effets de la crise de l’euro et empêcher des crises futures. Le Premier ministre avait déclaré avoir bloqué le traité parce qu’il n’offrait pas les garanties nécessaires à la protection des intérêts nationaux britanniques.

Cependant, des observateurs européens et britanniques avaient souligné que cette décision avait considérablement isolé le pays au sein de l’Union. Les autres dirigeants européens avaient quant à eux mis sur pied un accord sans impliquer Londres.

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David Cameron a également obligé le Conseil à voter pour l’élection de Jean-Claude Juncker en tant que président de la Commission. Seuls deux pays s’étaient opposés à son élection : le Royaume-Uni et la Hongrie.

David Cameron a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE en 2017 s’il remportait les élections.

Si le parti conservateur l’emporte en mai, le débat sur les réformes de l’UE souhaitées par les Britanniques avant la tenue du référendum sera relancé. Ces élections seront donc parmi les plus importantes dans l’histoire européenne du pays.

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