Cameron demande flexibilité et imagination aux Européens
David Cameron demande à ses partenaires de se montrer « flexibles et imaginatifs » pour réformer l'UE. Le Premier ministre était à Paris jeudi soir, après La Haye et avant Berlin et Varsovie.
David Cameron demande à ses partenaires de se montrer « flexibles et imaginatifs » pour réformer l’UE. Le Premier ministre était à Paris jeudi soir, après La Haye et avant Berlin et Varsovie.
A Paris, David Cameron a soutenu jeudi soir que sa priorité était « de réformer l’Union européenne pour la rendre plus compétitive et répondre aux inquiétudes des Britanniques quant à notre appartenance » (à l’UE).
Le dirigeant a prévu de rencontrer ses 27 pairs d’ici la fin juin.
« Le statu quo n’est pas suffisant, des changements peuvent être faits et bénéficier non seulement à la Grande-Bretagne mais aussi au reste de l’Europe », a-t-il ajouté à l’issue d’un entretien avec le président François Hollande.
De son côté, M. Hollande a réaffirmé qu’il était de « l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni d’être ensemble » tout en disant son « respect » pour ce que décidera le « peuple » britannique.
« David Cameron présentera ses propositions et nous les discuterons », a-t-il déclaré.
« Nous voulons aider la zone euro à mieux fonctionner et nous ne voulons pas faire obstacle à une plus grande intégration », a assuré M. Cameron. « Ce qui est important est que l’Union européenne et ses 28 membres soient flexibles et imaginatifs pour répondre à ces enjeux », a-t-il ajouté.
Un discours apaisé par rapport aux négociations en cours. En effet, la France et l’Allemagne sont d’accord pour approfondir l’UE ensemble, comme l’a soutenu dans une tribune Sigmar Gabriel, vendredi 29 mai.
David Cameron avait auparavant rencontré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, un allié sur lequel il espère pouvoir compter avant de soumettre à la Grande-Bretagne d’ici la fin 2017 le choix entre le maintien dans l’UE ou le « Brexit » (pour « British exit »).
La France en revanche a manifesté son inquiétude sur le chemin dans lequel il s’est engagé.
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a jugé jeudi « très risqué » le référendum: « La population britannique a été habituée à ce qu’on lui dise: L’Europe c’est une mauvaise chose, le jour où on va la consulter, il y a un risque qu’elle dise que l’Europe est une mauvaise chose. »
David Cameron, favorable au maintien de son pays dans une union réformée, aspire notamment à rapatrier certains pouvoirs au nom de la souveraineté du Parlement britannique et à durcir les conditions d’accès aux aides sociales pour les ressortissants de l’UE.
Inquiétudes des britanniques
« Le Premier ministre est catégorique en disant à nos partenaires européens que si nous ne sommes pas capables de répondre aux grandes inquiétudes du peuple britannique, nous ne gagnerons pas le référendum », a averti le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, jeudi au micro de la BBC.
M. Cameron lance son offensive diplomatique après la présentation formelle jeudi au Parlement du projet de loi détaillant les modalités du référendum, qui sera débattu à partir du 9 juin.
Les Britanniques devront répondre à la question « Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’UE ? » Au Pays de Galles, elle sera posée en gallois, autre langue officielle de la région.
Cette formulation a été immédiatement critiquée par le parti europhobe et populiste Ukip. Il la juge biaisée en faveur du maintien dans l’UE.
La façon dont la question est formulée est « juste et très facile à comprendre », a rétorqué David Lidington, le secrétaire d’État britannique chargé de l’Europe.
La consultation se tiendra au plus tard le 31 décembre 2017 mais pourrait être organisée dès l’année prochaine. C’est la première fois depuis 40 ans que le peuple britannique s’exprimera sur la place du Royaume-Uni dans l’UE, le seul référendum sur la question remontant à 1975.