Candidature albanaise : Le feu vert des 27 ouvre la voie aux Balkans occidentaux
Après la décision prise par l’ensemble des ministres des Affaires étrangères de l’UE, l’Albanie se dirige vers l’officialisation de son statut de candidat, point de départ des pourparlers en vue d’une adhésion.
Après la décision prise par l’ensemble des ministres des Affaires étrangères de l’UE, l’Albanie se dirige vers l’officialisation de son statut de candidat, point de départ des pourparlers en vue d’une adhésion.
En transmettant pour examen formel la candidature albanaise à la Commission européenne, lundi 16 novembre, les États membres ont fait progresser le pays vers l’adhésion et l’Union vers l’élargissement à l’Est.
Le temps n’est plus aux hésitations, l’Albanie ayant fait la preuve attendue de sa maturité démocratique à l’occasion des dernières élections législatives en juin 2009.
La balle est désormais dans le camp de la Commission. Son rapport annuel de stratégie sur l’élargissement adopté le 14 octobre dernier pour la période 2009-2010 mentionne les progrès réalisés au cours des 12 derniers mois par les candidats potentiels à l’entrée dans l’Union. Il met également en avant les efforts encore importants à consentir de la part de ces États pour respecter les critères établis.
La Commission doit rendre un avis
Bien que le contexte actuel de crise pèse sur le rythme des réformes, la poursuite du processus d’élargissement n’est pas compromise. Et la Commission se tient prête à rédiger un avis sur la candidature de l’Albanie dès que le Conseil l’y invitera.
Les engagements mutuels conclus entre l’Albanie et l’UE dans le cadre de l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) sont entrés en vigueur peu avant le dépôt par le premier ministre Sali Berisha de la candidature du pays le 28 avril 2009. Cette date marque également l’entrée de l’Albanie dans l’OTAN.
Ces engagements concernent de nombreux domaines. Celui des droits de l’homme et de la protection des minorités a fait l’objet de réels progrès alors que les avancées en matière judiciaire ou en matière de droits économiques et sociaux sont jugées en conclusion encore trop timides par la Commission. La question religieuse, dans ce pays majoritairement musulman, n’a pas été identifiée comme un obstacle par l’Union.
Soutien de la France assuré
La vocation européenne de la République albanaise, revendiquée sur place aussi bien par la classe politique que par les citoyens, fait l’objet d’un large consensus au sein des pays membres de l’Union. Seules les relations avec la Grèce sont encore délicates. L’Allemagne, la Belgique et la France soutiennent quant à elles de longue date la candidature albanaise. En présentant l’adhésion comme une évidence après la visite en France de Sali Berisha le 24 avril 2009, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a réaffirmé sa position. « Quelle que soit la date, quel que soit le calendrier, le soutien de la France est assuré ».
« Si dans les années à venir le rythme des réformes est similaire à celui des 10 dernières années, l’Albanie devrait intégrer l’UE au plus tard en 2015 », affirmeSerge Métais, auteur d’une Histoire des Albanais parue chez Fayard en 2006. « L’ouverture serait une excellente chose aussi bien pour l’Union que pour l’Albanie. L’identité européenne de l’Albanie va de soi. Cette nouvelle étape franchie vers l’adhésion n’est pas une surprise mais plutôt le résultat logique et évident d’un long processus au terme duquel les Balkans sont désormais « enclavés dans l’UE » ».
La Commission européenne a alloué un total de 81.2 millions d’euros au pays en 2009 et continuera de soutenir financièrement les réformes au moins jusqu’en 2011.
La plus grande attente du peuple albanais concerne aujourd’hui la possibilité de voyager en Europe sans visas. D’après Serge Métais, l’émigration albanaise est bien moindre aujourd’hui qu’il y a encore quelques années. Les réticences de l’Union au sujet des visas font encore écho à la mauvaise réputation des Albanais en Europe occidentale et à « la peur des voyous », selon les termes de l’historien.