Chypre rejette le plan d’aide européen et regarde vers Moscou

Le ministre des Finances chypriote entame des pourparlers avec le gouvernement russe afin d'obtenir une extension du prêt accordé par Moscou.

EURACTIV.fr

Le ministre des Finances chypriote entame des pourparlers avec le gouvernement russe afin d’obtenir une extension du prêt accordé par Moscou.

Tournant inédit dans l’histoire des sauvetages européens : un pays rejette les conditions de renflouement fixées par l’UE. Et le refus est net : aucun parlementaire chypriote n’a soutenu le plan de l’Eurogroupe, mardi 19 mars. 36 députés ont voté contre et les 19 autres élus issus de la majorité de droite se sont abstenus.

Dans un communiqué, le président chypriote a exprimé son « respect absolu » de la décision prise. Les banques du pays ne sont pas en faillite, car la Banque centrale européenne leur permet toujours de se refinancer auprès d’elle. Mais une grande incertitude règne.

« Pouvons-nous à présent aller voir les investisseurs internationaux et oublier le mémorandum (conditions posées par l’UE pour le plan de sauvetage bancaire, ndlr) ? C’est quelque chose que l’on doit examiner », fait savoir le directeur des Affaires européennes au Ministère des Finances chypriote, Andreas Charalambous.

Estimations erronées ?

Dans la soirée du 19 mars, le ministre des Finances Michalis Sarris s’est envolé pour Moscou. Il rencontre aujourd’hui son homologue russe dans le but d’obtenir un échelonnement du prêt de 2,5 milliards d’euros accordés par le gouvernement russe à Nicosie.

De son côté, l’Eurogroupe maintient son offre, en proposant que la taxation des dépôts épargne les moins fortunés, en deçà de 100 000 euros.

Mais le dialogue de sourds continue de parasiter les relations entre Bruxelles et Nicosie. Pour les Européens, le prélèvement sur les dépôts est perçu comme un moyen de réduire le montant de l’aide accordé à Chypre, dont la dette atteindrait des niveaux insoutenables si 17,5 milliards de prêts lui étaient accordés.

Pour l’île, ce scénario repose cependant sur des estimations erronées : « Je voudrais rappeler à tout le monde que l’enveloppe financière a été évaluée à 17,5 milliards sur la base de paramètres exagérés », estime Andreas Charalambous.