Chypre rouvrira ses casinos pour relancer l’économie
Chypre envisage de lever une interdiction sur les casinos et d’offrir des exonérations fiscales aux entreprises qui réinvestissent dans l’île dans le cadre d’un paquet de réformes qui visent à relancer son économie en difficulté, a déclaré hier (1er avril) le président Nicos Anastasiades.
Chypre envisage de lever une interdiction sur les casinos et d’offrir des exonérations fiscales aux entreprises qui réinvestissent dans l’île dans le cadre d’un paquet de réformes qui visent à relancer son économie en difficulté, a déclaré hier (1er avril) le président Nicos Anastasiades.
Les partenaires de Chypre de la zone euro ont convenu d'un plan de sauvetage de 10 milliards euros la semaine dernière après des semaines de négociations intenses, ce qui montre que la crise de la dette qui frappe les 17 pays de l'union monétaire est loin d'être terminée.
La sévérité des conditions de l'accord risque d'approfondir la récession de l’île, de rétrécir le secteur bancaire et de coûter des milliers d'emplois. Dans le même temps, les contrôles des capitaux imposés afin d'éviter un retrait massif des dépôts des banques chypriotes pourraient mettre à l'épreuve les liens entre les pays de zone euro.
Le président Nicos Anastasiades, qui a fait le point de la situation économique devant ses ministres lors d'une rencontre informelle lundi, a précisé que ce plan de croissance en douze points serait soumis à l'approbation du gouvernement d'ici 15 jours.
Le programme comprend des mesures propices à attirer les investissements étrangers sur l’île, qui constitue déjà un centre financier extraterritorial important, ainsi que des exonérations fiscales pour les bénéfices d’entreprises réinvestis sur place et de plus grandes facilités de paiement ainsi que de meilleurs taux d'intérêt sur les emprunts.
Avec environ 68 milliards d'euros dans ses banques, le système financier de Chypre est largement surdimensionné et attirait des dépôts de l'étranger, notamment de la Russie.
Tourisme
Dans le but d'attirer davantage de touristes étrangers dans le sud de l’île, la République de Chypre espère aussi lever une interdiction frappant l'existence de casinos qui, pour le moment, n'opèrent dans la légalité que dans la partie nord de l'île, contrôlée par la Turquie.
S'exprimant devant des journalistes après une cérémonie de commémoration de la campagne armée de 1955 contre le pouvoir colonial britannique, Nicos Anastasiades a promis que son gouvernement consacrerait ses efforts à la « croissance et aux incitations à la croissance ».
Le plan de sauvetage de Chypre est le premier à imposer des pertes considérables sur les dépôts supérieurs à 100 000 euros et devrait frapper très durement les activités commerciales.
Interrogé sur la sévérité de la récession à laquelle Chypre peut s'attendre, le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, a répondu : « Il n'est pas possible pour l'instant de mettre des chiffres sur la récession. »
« Le gouvernement, ayant hérité d'une bombe atomique, a essayé de la désactiver et d'épargner ainsi au pays une banqueroute totale. Il est maintenant en train de s'attaquer à l'après-séisme, avec l'objectif de relancer l'économie », a-t-il déclaré.
M. Stylianides a indiqué que le gouvernement discutait avec ses prêteurs internationaux des questions en suspens liées au secteur financier, aux mesures d'ajustement budgétaire, aux mesures structurelles dans le secteur public et à l'énergie.
Scandales dévoilés
La presse accuse le président, qui a personnellement participé aux négociations sur le renflouement, d'avoir divulgué des informations privilégiées à des membres de sa famille pour leur permettre d'éviter des pertes.
Selon le Spiegel Online, le Proto Thema, un journal grec du dimanche le plus vendu indiquait qu'« il existait des suspicions légitimes selon lesquelles certaines personnes détenaient des informations privilégiées sur les décisions finalement prises par la zone euro ».
L'une des entreprises sur la liste fait partie des membres de la famille de M. Anastasiades. L'entreprise aurait transféré des millions d'euros de Chypre sur un compte à Londres.
Le parti communiste AKEL de l'ancien président Demetris Christofias affirme qu'un membre de la belle?famille de M. Anastasiades avait transféré 21 millions d'euros à Londres quelques jours seulement avant l'atteinte de l'accord, a annoncé le site Internet The Greek reporter.
AKEL a ajouté qu'un ministre avait envoyé 300 000 euros juste avant un accord initial qui aurait donné lieu à des taxes de 6,75 % sur les dépôts inférieurs à 100 000 euros, prétendument assurés contre les pertes, et de 9,9 % pour ceux supérieurs à ce montant.
Un autre rapport révèle que les deux banques en difficulté, la Popular Bank (Laïki) et la Bank of Cyprus, avaient généreusement effacé des prêts de millions d'euros retirés par des parlementaires, des autorités municipales et des entreprises ces dernières années.
Des membres éminents de tous les partis politiques du pays, dont certains disposaient de plus de 100 000 euros de dettes ont disparu de la comptabilité. Certaines dettes dépassant le million d'euros ont été effacées.