Climat, industrie : la France est le 2ème bénéficiaire des prêts de la BEI en 2022
Avec près de 10 milliards d'euros de projets financés par la Banque européenne d'investissement (BEI) en 2022, la France a été en 2022 le deuxième bénéficiaire des prêts de l'institution de financement. Le rôle de la BEI dans le Plan industriel vert reste encore à déterminer.
Avec près de 10 milliards d’euros de projets financés par la Banque européenne d’investissement (BEI) en 2022, la France a été le deuxième bénéficiaire des prêts de l’institution de financement. Le rôle de la BEI dans le Plan industriel vert reste encore à déterminer.
Quelque 8,4 milliards d’euros ont été octroyés aux entreprises et collectivités françaises via la BEI, et 1,5 milliard via sa filiale dédiée au financement des PME, le Fonds européen d’investissement (FEI).
Le groupe BEI a accordé au total 72,5 milliards d’euros de financements en 2022, dont l’Italie a été la première bénéficiaire avec 10,09 milliards, devant la France et l’Espagne ex aequo (9,96 milliards d’euros chacune) et l’Allemagne (6,61 milliards).
En ce qui concerne la France, près de 6 milliards d’euros de prêts ont été consacrés aux « énergies renouvelables, aux mobilités propres et à l’efficacité énergétique », selon le communiqué de la BEI.
L’institution a par exemple soutenu le loueur d’engins de chantier Loxam à hauteur de 130 millions d’euros, pour l’aider à électrifier sa flotte.
Autre priorité de la BEI en France : l’innovation, qui a bénéficié d’une enveloppe de 2,7 milliards d’euros en 2022.
Par rapport à 2021 (13,9 milliards d’euros), les financements accordés aux entreprises et collectivités françaises ont reculé de quatre milliards d’euros.
Mais 2021 était une année exceptionnelle avec la mise en place du Fonds de garantie européen, selon le vice-président de la BEI Ambroise Fayolle.
Cet outil destiné à « soutenir les entreprises pendant le Covid a boosté le chiffre en 2021 », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse lundi matin à Paris.
« Si on regarde la tendance de long terme, le chiffre est en augmentation », a-t-il assuré, avant d’ajouter qu’en France, « la taille moyenne des projets baisse et le risque moyen des projets augmente ».
La BEI à l’aune du Plan industriel vert
La stratégie de la BEI s’ancre dans un double enjeu de sécurité énergétique et indépendance industrielle, a également souligné M. Fayolle.
De fait, ce « prêteur le plus vert au monde » n’est pas épargné par les débats qui animent les États membres autour du nouveau Plan industriel vert (« Green Deal Industry Plan »), présenté par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen mercredi (1er février).
Le plan fixe notamment un assouplissement des règles relatives aux aides d’État et encadre un principe nouveau de « subventions d’alignement » (« matching subsidies »), qui permettrait aux États membres de s’aligner sur une offre de subventions qu’une entreprise européenne recevrait d’un pays tiers – notamment les États-Unis.
Il est aussi question de créer un nouveau Fonds de souveraineté européen pour accompagner les projets à haut impact environnemental, dans le cadre du Green Deal européen. Une initiative qui fait grincer des dents.
Autant la France est largement en faveur d’un tel fonds qui pourrait prendre la forme d’une nouvelle dette commune, autant l’Allemagne et d’autres États membres « frugaux » sont vent debout.
« Nous avons mis en place les instruments et une expertise technique et financière. Nous jouerons le rôle que les chefs d’États décideront pour nous », s’est risqué M. Fayolle.
La question nucléaire
La question du nucléaire est aussi revenue sur le devant de la scène, une source d’énergie sûre, non-intermittente et bas carbone, intégrée il y a quelques mois seulement à la taxonomie verte de l’UE. La BEI serait-elle prête à investir dans des projets innovants reliés au nucléaire, comme par exemple les Small Modular Reactors (SMR) ?
« Le conseil d’administration est très divisé sur ce sujet-là », selon le vice-président. Seuls deux projets ont été financées sur les huit dernières années à travers l’Union européenne, notamment sur la sécurité de centrales existantes.