Commerce et investissement : outils-clés de l’aide au développement

Le texte émane de trois instituts de recherche allemand, britannique et néerlandais. Il est le fruit d'un travail sur la redéfinition des Objectifs du Millénaire pour le développement après 2015.

EURACTIV.fr

Le texte émane de trois instituts de recherche allemand, britannique et néerlandais. Il est le fruit d’un travail sur la redéfinition des Objectifs du Millénaire pour le développement après 2015.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement fixaient huit objectifs pour réduire la pauvreté dans les pays en développement d’ici 2015. Le chemin parcouru montre de réels progrès en matière de réduction de la mortalité infantile, de lutte contre les pandémies (VIH, malaria, paludisme), d’accès à l’eau et à l’éducation.

Mais le cadre des Nations Unies pour l’après 2015 devrait être plus ambitieux. Il devrait notamment traiter de la protection de l’environnement, de la gestion des ressources naturelles et du respect des droits fondamentaux, trois sujets incontournables dans la politique d’aide au développement.

Cette approche est promue par l’Union européenne, qui a précisé sa position fin février 2013, en vue des débats aux Nations Unies en septembre 2013. Elle pourrait être enrichie par la contribution de trois instituts de recherche sur le développement, qui ont publié un rapport, mardi 9 avril 2013, cofinancé par la Commission européenne et sept Etats. 

Commerce, investissement, flux financiers

L’étude s’est notamment concentrée sur les politiques de développement du Népal, du Rwanda, de la Côte d’Ivoire et du Pérou. Tous appartenaient il y a 20 ans au groupe des pays les moins avancés.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire et le Pérou se sont hissés au rang de pays à revenus intermédiaires. Le commerce et les investissements directs étrangers (IDE) ont été « déterminants » dans leur rattrapage, notent les chercheurs.

Au contraire, le Rwanda et le Népal n’ont pas bénéficié de ces accélérateurs et restent encore très dépendants de l’aide étrangère. Les transferts de fonds privés sont une autre source de revenu importante mais sont utilisés à 80% pour la consommation. « Seule une petite proportion va au secteur productif », souligne le rapport.

Ressources fiscales nationales

La perspective d’une stagnation des dépenses d’aide publique au développement en raison de la crise a conduit les auteurs à étudier les autres moyens de lutter contre la pauvreté.

Les pays en développement doivent lever leurs propres moyens financiers. Dans leurs politiques publiques, ils comptent encore trop sur les recettes fiscales liées aux ressources naturelles, volatiles et limitées en volume.

Elargir le système d’impôt améliorerait les relations entre l’Etat et la société en entraînant notamment une meilleure gestion des finances publiques, soulignent les auteurs du rapport.

Les mécanismes de redistribution et les systèmes de protection sociale sont également considérés comme essentiel au développement des pays pauvres. 

Régulations internationales

Le prochain cadre global devra traiter davantage la dimension économique du développement. Les pays en développement devraient notamment bénéficier de façon plus élargie des systèmes de préférences généralisées, qui les exemptent de payer des droits de douanes à l’exportation. Ils perdent aujourd’hui leurs avantages douaniers lorsque les marchandises ont été produites à partir de matières importées.  

Par ailleurs, la régulation du système financier international pourrait permettre aux pays en développement d’avoir plus de capacités budgétaires, soulignent les auteurs.