Commission européenne : Ursula von der Leyen finalise son équipe, les Belges se font attendre

L’Italie et la Bulgarie ont proposé vendredi 30 août, in extremis, leurs candidats pour siéger au côté d’Ursula von der Leyen dans la future Commission européenne, mais le choix belge se faisait encore attendre en fin de journée.

EURACTIV France avec AFP
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La présidente du Parlement européen, Ursula von der Leyen. [Alexandros Michailidis]

L’Italie et la Bulgarie ont proposé vendredi 30 août, in extremis, leurs candidats pour siéger au côté d’Ursula von der Leyen dans la future Commission européenne, mais le choix belge se faisait encore attendre en fin de journée.

Réélue en juillet, la présidente de la Commission avait fixé aux pays de l’Union européenne la date-butoir du 30 août pour se voir proposer par chacun d’eux les noms d’un homme et d’une femme afin de constituer le prochain Collège des 27 commissaires.

Sur ce principe paritaire, Ursula von der Leyen risque d’être déçue : les propositions soumises laissent envisager une majorité écrasante d’hommes.

Seule la Bulgarie a respecté le vœu de la responsable allemande, en proposant les noms d’Ekaterina Zaharieva et de Julian Popov, deux anciens ministres de sensibilités politiques différentes.

Ainsi le futur collège des commissaires pourrait ne comporter que huit femmes en comptant Ursula von der Leyen et l’Estonienne Kaja Kallas, future cheffe de la diplomatie de l’UE.

Pour la France, le président Emmanuel Macron a proposé la reconduction de Thierry Breton, qui occupe depuis 2019 le poste de commissaire au Marché intérieur, un vaste portefeuille qui inclut le numérique et l’industrie.

En Italie, le gouvernement dirigé par Giorgia Meloni a suggéré le nom de Raffaele Fitto, actuel ministre des Affaires européennes.

Il restait vendredi à cocher la case Belgique pour avoir une liste complète.

Mais dans ce pays, également gouverné par des coalitions, la situation a été compliquée par l’absence de gouvernement de plein exercice depuis les législatives du 9 juin, qui étaient concomitantes avec les élections européennes.

Dans ce cas de figure, le Premier ministre démissionnaire, Alexander De Croo, n’est plus légitime pour opérer le choix du commissaire européen au sein des formations composant sa coalition. L’arbitrage revient aux présidents des partis qui négocient la composition du futur attelage majoritaire.

« Le job qui n’intéresse aucun parti »

Jeudi soir, Georges-Louis Bouchez, le chef du Mouvement réformateur (MR), un parti libéral francophone, n’a pas dit que la Belgique s’engagerait sur un ticket paritaire. Mais il a promis que « le nom » serait communiqué dans les délais, soit avant vendredi soir, sans autres précisions.

Le choix a tardé en Belgique car les négociations gouvernementales, qui impliquent cinq partis, ont capoté une première fois courant août, avant de reprendre cette semaine sous l’égide d’un « médiateur » censé rapprocher les points de vue.

Et désigner le futur commissaire belge n’a pas été le sujet numéro un entre négociateurs, d’abord concentrés sur les arbitrages socio-économiques. Chacun sait en outre que ce poste européen entre en ligne de compte dans la répartition des portefeuilles ministériels au sein du futur gouvernement fédéral.

« Commissaire européen est le job qui hélas n’intéresse aucun parti et pour lequel personne ne veut payer », a ironisé jeudi sur X le politologue Dave Sinardet, professeur à l’université libre de Bruxelles.

La logique voudrait que Georges-Louis Bouchez, en position de force dans les négociations en tant que vainqueur des législatives en Belgique francophone, appuie le commissaire sortant Didier Reynders, candidat déclaré à sa reconduction. Un scénario que le président du MR a refusé de confirmer jeudi soir.

Après avoir réuni les propositions de l’ensemble des pays membres, Mme von der Leyen devrait annoncer son casting d’ici à la mi-septembre, avec les portefeuilles attribués à chaque commissaire.

Les commissaires auront encore le statut de « candidats » puisque le Parlement européen aura le dernier mot sur leur désignation, le vote des eurodéputés intervenant au terme d’auditions qui se tiendront en octobre à Bruxelles.

La Commission von der Leyen II pour la législature 2024-2029 doit en théorie entrer en fonctions le 1er novembre.