Connie Hedegaard : "L'UE n'abandonne pas la lutte contre le changement climatique"

En visite à Paris, la commissaire européenne en charge du changement climatique a été auditionnée par les commissions des affaires européennes et du développement durable de l'Assemblée nationale. Extraits de cet entretien.

EURACTIV.fr
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En visite à Paris, la commissaire européenne en charge du changement climatique a été auditionnée par les commissions des affaires européennes et du développement durable de l’Assemblée nationale. Extraits de cet entretien.

Ancienne ministre danoise de l’environnement et de l’énergie, Connie Hedegaard défend une idée. Pour la commissaire, toutes les politiques européennes doivent inclure les enjeux climatiques. « Le climat ne doit pas être laissé dans un coin mais doit être diffusé dans toutes les politiques sectorielles de l’Union européenne », a-t-elle déclaré à l’Assemblée nationale mardi 4 juin.

La crise économique et le peu d’engagement de certains Etats ou industries rendent cependant difficile la propagation des enjeux climatiques et environnementaux.

Face à ces doutes sur le futur de la politique climatique, les discussions entre la commissaire et les parlementaires français se sont concentrées sur trois sujets.

Objectifs 2030

Connie Hedegaard s’est dit assez satisfaite des conclusions du sommet européen du 22 mai. « [Les chefs d’Etat] ont pris en compte les objectifs pour 2030. Si vous regardez les articles de presse avant le sommet, vous observez qu’on s’attendait à ce que les Etats ne discutent que de deux choses : l’énergie peu chère et le gaz de schiste. Pourtant il est clair qu’il y’a d’autres choses comme les objectifs 2030″, a-t-elle déclaré.

Tout en invitant les parlements nationaux à prendre part à la consultation publique en cours sur la stratégie de l’UE pour 2030, Mme Hedegaard a rappelé que les Etats avaient demandé à la Commission de rendre ses conclusions avant la fin de l’année 2013 et que le prochain Conseil européen sur l’énergie aurait lieu d’ici mars 2014. 

Marché du carbone

Face à des députés dubitatifs sur la fiabilité du marché du carbone, la commissaire a rétorqué : « Quelle serait l’alternative ? ». Et, si tant est qu’il y en ait une, « serait-elle acceptée les 27 ? ». « Ce que nous devons faire c’est garder le système du marché du carbone et l’améliorer afin d’éviter le risque d’une renationalisation de la politique environnementale et climatique ». 

« Personne n’a pas pensé [que le backloading] était une idée de génie […] mais c’est un essai pour arrêter d’alimenter le marché des quotas d’émissions déjà noyé par ces derniers ». La Commissaire espère que cette solution sera validée au Parlement européen cet été. « Il sera temps de discuter des réformes structurelles », après, a-t-elle ajouté. 

Qui a tué le marché du carbone ?

Gaz de schiste

Mme Hedegaard a rappelé que « les bouquets énergétiques incombent aux Etats » et que « ce n’est pas à la Commission de dire si on doit exploiter le gaz de schiste ». Elle a cependant confirmé que l’exécutif européen publierait « avant la fin de l’année des pistes pour un cadre règlementaire et environnemental pour indiquer  aux investisseurs (…) ce qu’il faut faire exactement afin de ne pas commettre d’erreurs ».

Le nouvel engouement pour les gaz de schiste à Bruxelles

Si il y’a un potentiel pour utiliser les ressources de gaz de schiste en Europe toute comparaison avec les Etats-Unis n’est pas valable, a ajouté la commissaire.