Covid-19 : les traitements disponibles pourraient être inefficaces contre les nouveaux sous-variants

Les anticorps monoclonaux actuellement disponibles pourraient être inefficaces contre les nouveaux sous-variants d’Omicron, a averti l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Euractiv.com
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Les traitements contre la Covid-19 sont particulièrement importants parmi les groupes les plus vulnérables de la population, comme les personnes immunodéprimées ou âgées de plus de 60 ans, qui sont particulièrement à risque si elles contractent la maladie. [<a href="https://www.shutterstock.com/de/image-photo/patient-seen-intensive-care-unit-coronavirus-1852548007" target="_blank" rel="noopener">[Shutterstock/Alexandros Michailidis]</a>]

Les anticorps monoclonaux actuellement disponibles pourraient être inefficaces contre les nouveaux sous-variants d’Omicron, a averti l’Agence européenne des médicaments (EMA).

« Il est très préoccupant de constater que les nouveaux sous-variants émergents d’Omicron, tels que le BQ1.1, ne peuvent pas être neutralisés par les anticorps monoclonaux actuellement disponibles », a indiqué Marco Cavaleri, responsable des menaces sanitaires et de la stratégie en matière de vaccins à l’EMA, lors d’une conférence de presse jeudi (24 novembre).

Selon la définition de l’EMA, les anticorps monoclonaux sont « des protéines conçues pour se fixer à une cible spécifique, dans ce cas, la protéine spike du SARS-CoV-2, que le virus utilise pour pénétrer dans les cellules humaines ».

Les traitements contre la Covid-19 sont particulièrement importants parmi les groupes les plus vulnérables de la population, comme les personnes immunodéprimées ou âgées de plus de 60 ans, qui sont particulièrement à risque si elles contractent la maladie.

Les personnes immunodéprimées, par exemple, ont plus de chances de ne pas bien répondre aux vaccins et ont donc davantage besoin de traitements contre la Covid-19 afin de réduire le risque de contracter une forme grave de la maladie.

« L’Emergency Task Force (ETF) de l’EMA va étudier toutes les données disponibles afin de proposer sans délai aux professionnels de santé de nouvelles recommandations qui pourront les aider à réexaminer l’utilisation préventive et thérapeutique de ces produits », a indiqué M. Cavaleri.

« Dans le même temps, nous sommes en discussion avec les fabricants pour que les anticorps monoclonaux de nouvelle génération soient produits aussi rapidement que possible […] », a-t-il ajouté.

En décembre, l’EMA discutera de ce sujet lors d’une réunion avec l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA) et des experts internationaux.

D’autres traitements toujours efficaces

M. Cavaleri a également déclaré que les mutations de ces nouveaux sous-variants d’Omicron n’ont pas d’impact sur l’efficacité d’autres médicaments tels que le Paxlovid et le Veklury, également connu sous le nom de Remdesivir.

« Les médicaments tels que le Paxlovid, qui peut être administré par voie orale à domicile, restent très importants pour les personnes atteintes de la Covid-19 », a indiqué M. Cavaleri.

Selon l’EMA, il existe de solides preuves que le recours précoce au Paxlovid permet de réduire le risque de développer une forme grave de la Covid-19 pour les plus vulnérables et permet également de réduire la plupart des symptômes du Covid long.

Le plus grand défi à relever en ce qui concerne le recours au Paxlovid reste toutefois de le rendre accessible rapidement pour les patients qui en ont besoin. Pour cela, M. Cavalieri a appelé à une simplification du processus de prescription dans de nombreux pays afin de garantir la disponibilité du médicament pour les patients.

Un nouveau vaccin de rappel approuvé

Plus tôt ce mois-ci, l’EMA a conseillé d’autoriser le vaccin VidPrevtyn Beta comme dose de rappel pour les adultes ayant déjà reçu un vaccin à ARN messager (ARNm) ou à vecteur adénoviral contre la Covid-19.

Le vaccin a été développé par le laboratoire pharmaceutique Sanofi Pasteur et « contient une version de la protéine spike présente à la surface du variant Beta du SARS-CoV-2 », a indiqué M. Cavaleri.

« Quand ce vaccin est utilisé comme dose de rappel, il neutralise mieux les sous-variants d’Omicron que le vaccin original à ARN messager produit par [le laboratoire pharmaceutique] Comirnaty », a-t-il poursuivi.

L’EMA suit de près les derniers développements concernant la Covid-19 alors que le temps se rafraîchit. Cependant, aucune augmentation majeure du nombre de cas de Covid-19 dans l’UE/Espace économique européen (EEE) n’a pas été enregistrée pour le moment.

Pour M. Cavaleri, cette situation résulte « de la forte immunité de la population après la vaccination et la contamination naturelle ».

« Toutefois, cela pourrait changer rapidement alors que nous entrons dans une période plus froide de l’hiver. Ce virus maintient un rythme rapide dans son évolution et de nouveaux sous-variants d’Omicron, tels que BQ1.1 et ses sous-variants, sont en augmentation et remplacent Omicron BA.5 », a-t-il ajouté.

Bien que les États membres aient réalisé des progrès avec leurs campagnes de revaccination, les chiffres concernant les doses supplémentaires de vaccin administrées sont toujours faibles, avec une moyenne européenne de seulement 29 % de revaccinations parmi les personnes les plus vulnérables, a-t-il indiqué.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]