Les pays membres de l’OMS parviennent à un accord sur les pandémies
Après trois ans de négociations, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté mardi 20 mai un accord juridiquement contraignant visant à mieux se préparer aux urgences sanitaires mondiales futures.
Après trois ans de négociations, les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont adopté mardi 20 mai un accord juridiquement contraignant visant à mieux se préparer aux urgences sanitaires mondiales futures.
Les négociations sur une annexe supplémentaire à l’accord concernant un système d’accès aux agents pathogènes et aux vaccins devraient durer encore un an.
Le projet d’accord sur les pandémies a été adopté lors de la 78e Assemblée mondiale de la santé de l’OMS qui se tient actuellement à Genève. Les États-Unis n’y ont pas participé, en raison du retrait de l’organisation annoncé par le président Donald Trump en janvier.
Le texte inclut plusieurs mesures de prévention des pandémies, telles que le renforcement de la surveillance sanitaire, l’amélioration des chaînes d’approvisionnement et la mise en place de centres de recherche dans les régions à faibles revenus.
Ce projet a vu le jour en réponse aux inégalités révélées par la pandémie de Covid-19, notamment en matière d’accès aux vaccins et aux traitements entre pays riches et pauvres.
Les experts estiment qu’un pacte juridiquement contraignant est devenu encore plus crucial face aux nouvelles menaces sanitaires, notamment le virus H5N1, les résurgences de la rougeole et de la variole, ainsi que les risques persistants liés à Ebola.
« Le monde est plus sûr aujourd’hui », s’est réjoui le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Il a qualifié l’accord de « reconnaissance par la communauté internationale du fait que nos citoyens, nos sociétés et nos économies ne doivent pas être laissés dans une situation de vulnérabilité et subir à nouveau des pertes telles que celles subies pendant [la pandémie de] Covid-19 ».
Modifications de dernière minute
L’adoption de ce texte n’a pas été sans difficultés. À la fin du mois d’avril, l’Union européenne et certains pays riches, dont le Japon et la Suisse, ont exigé que le transfert de technologies reste volontaire et basé sur le consentement mutuel, provoquant des blocages dans les négociations.
Des organisations sanitaires basées à Genève, qui ont collaboré avec les négociateurs de l’OMS sur le texte, ont reconnu la complexité des discussions, mais estiment que les dispositions de l’accord favoriseront un accès plus équitable aux vaccins.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico — largement considéré comme « antivax » — a également demandé un vote sur l’accord sur les pandémies, après avoir exigé que son pays en conteste l’adoption.
Finalement, onze pays se sont abstenus lors du vote (dont l’Italie, la Pologne, la Bulgarie, les Pays-Bas et la Slovaquie), 124 ont voté en faveur de l’accord et aucun pays n’a voté contre.
La suite des négociations
À présent, les pays vont devoir régler les détails de l’annexe distincte sur le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (PABS), qui a été le principal point d’achoppement des négociations.
Ce système permettrait aux pays de fournir des échantillons d’agents pathogènes et des données aux entreprises pharmaceutiques en échange d’un accès aux vaccins et aux traitements.
L’Observatoire des politiques de santé de l’OMS a déclaré que les négociations autour de l’annexe PABS pourraient rouvrir une « boîte de Pandore ».
Une fois l’accord négocié, ce qui devrait prendre environ un an, au moins 60 pays membres de l’OMS devront ratifier l’accord sur les pandémies avant que l’annexe n’entre en vigueur.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]