Danemark : le numéro 2 du parti eurosceptique en procès pour fraude aux fonds UE

Le numéro 2 du principal parti d’extrême droite danois, Morten Messerschmidt, comparaît depuis lundi (2 août) devant la justice de son pays pour des accusations d’abus de financements européens et d’usage de faux pour son parti du Peuple danois (DF).

Morten Messerschmidt goes on trial for fraud, forgery and misuse of EU funds
Le vice-président du Parti du peuple danois, Morten Messerschmidt, arrive avec sa petite amie Dot Wessman pour la première audience au tribunal de Lyngby, au Danemark, le 02 août 2021. [PHILIP DAVALI/EPA]

Le numéro 2 du principal parti d’extrême droite danois, Morten Messerschmidt, comparaît depuis lundi (2 août) devant la justice de son pays pour des accusations d’abus de financements européens et d’usage de faux pour son parti du Peuple danois (DF).

Le procès de l’ancien chef de file du parti au Parlement européen, qui est actuellement député au Parlement danois et vice-président du parti anti-immigration et eurosceptique, s’est ouvert lundi matin à Lyngby, en banlieue de Copenhague.

Morten Messerschmidt, 40 ans, est poursuivi dans le cadre d’un scandale ayant éclaté en 2016 concernant les financements du Mouvement pour l’Europe des libertés et de la démocratie (MELD), alliance de partis nationalistes qu’il dirigeait au moment des faits, qui remontent à 2014-2015.

Des fonds européens avaient été utilisés pour une université d’été de DF au Danemark qui n’avait pas d’objet lié à la politique européenne, contrevenant ainsi au cadre d’usage des fonds européens alloués aux partis, selon le parquet.

Une facture d’hôtel pour cette conférence début août 2015, de près de 100 000 couronnes (environ 13 000 euros) avait été remboursée.

Morten Messerschmidt est également accusé d’avoir produit un faux document pour obtenir ce remboursement.

Selon les conclusions présentées en 2019 de l’enquête de l’office européen antifraude Olaf, quelque 500 000 euros de dépenses avaient au total été indûment remboursés au Meld pour la période 2012-2015.

L’élu danois, qui encourt jusqu’à 18 mois de prison, conteste les accusations. Le procès doit durer une semaine et le jugement est attendu le 13 août.

Longtemps dirigé par Pia Kjaersgaard qui en avait fait un des principaux partis danois à partir des années 90, DF est présidé depuis 2012 par Kristian Thulesen Dahl.

Le parti dénonce régulièrement l’importance des dépenses européennes et Morten Messerchmidt avait fait de DF le premier parti danois au Parlement européen lors des élections de 2014 sous le slogan « Plus de Danemark, moins d’UE », avec un score record de près de 27 %.

Concurrencé notamment par une nouvelle formation anti-immigration, le parti a perdu des voix depuis : aux dernières européennes de 2019, il était tombé à 10,8 %.