Dans sa quête de simplification, Ursula von der Leyen poussée à rendre publique son alliance avec l’extrême droite
Le Parti populaire européen (PPE) d’Ursula von der Leyen est contraint de s’allier avec l’extrême droite pour faire passer une réforme visant à simplifier les formalités administratives entourant les chaînes d’approvisionnement. Une alliance embarrassante, que l’extrême droite veut rendre « publique ».
Le PPE de centre-droit doit s’allier à l’extrême droite pour obtenir le soutien nécessaire à la réduction des formalités administratives dans la chaîne d’approvisionnement, a affirmé Anders Vistisen, eurodéputé danois du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe, après que le PPE a rejeté une proposition d’accord du centre-gauche.
Jörgen Warborn, élu suédois du PPE, a été chargé de réduire les règles relatives aux chaînes d’approvisionnement, mais depuis qu’il a pris le dossier en main en janvier, il n’a pas beaucoup progressé. Fin octobre, plusieurs eurodéputés socialistes ont rejeté sa proposition d’assouplir certaines obligations de reporting pour les entreprises.
Il a ensuite rejeté mardi 4 novembre une proposition du socialiste René Repasi visant à soutenir des exemptions pour les entreprises de moins de 3 000 employés en échange d’une réduction des règles de responsabilité civile, comme le montrent un texte de compromis et des courriels consultés par Euractiv.
Selon l’élue écologiste Kira Peter-Hansen, le PPE aurait ensuite fermé la porte à toute discussion supplémentaire.
« Nous avons proposé plusieurs moyens aux quatre partis [de la majorité] pro-UE [PPE, S&D, Renew, Verts/ALE, NDLR] de parvenir à un accord. Malheureusement, le PPE préfère rester dans son coin et bouder, plutôt que de participer à la recherche d’une solution », déplore-t-elle.
Jörgen Warborn se retrouve donc à la merci des élus d’extrême droite, désireux de saisir leur chance de conclure une alliance plus permanente avec le plus grand groupe du Parlement européen.
« La véritable majorité en faveur de la dérèglementation se trouve à droite du Parlement », souligne Anders Vistisen, chargé de faire respecter la ligne de vote des 85 eurodéputés de son parti.
Il exige que le PPE limite les règles relatives à la chaîne d’approvisionnement aux entreprises les plus importantes, comme les 20 entreprises danoises les plus cotées en bourse, réduise le nombre d’informations que les entreprises doivent fournir et rende son accord avec l’extrême droite « public ».
« Nous avons dit au PPE que s’il concluait un accord avec nous, celui-ci devait être public », poursuit l’eurodéputé des Patriotes. « Il ne peut pas simplement continuer à compter sur nos votes sans reconnaître que nous influençons la rédaction de la législation. »
Cependant, s’associer publiquement à l’extrême droite serait le coup de grâce pour la majorité parlementaire centriste pro-UE sur laquelle repose le mandat d’Ursula von der Leyen et de sa Commission.