D’après l’OMS, 30 % des jeunes n’utilisent pas de préservatifs, s’exposant à grossesses non désirées et IST

Un rapport commandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que les adolescents utilisent de moins en moins de préservatifs lors de leurs rapports sexuels, ce qui suscite des inquiétudes quant aux risques de grossesse non désirée et d’infections sexuellement transmissibles (IST).

Euractiv.com
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Les données révèlent que près d’un tiers des adolescents (30 %) ont affirmé n’avoir utilisé ni préservatif ni pilule contraceptive. [sylv1rob1/Shutterstock]

Un rapport commandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle que les adolescents utilisent de moins en moins de préservatifs lors de leurs rapports sexuels, ce qui suscite des inquiétudes quant aux risques de grossesse non désirée et d’infections sexuellement transmissibles (IST).

Entre 2014 et 2022, la proportion de jeunes sexuellement actifs qui ont utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel a chuté de 70 % à 61 % pour les garçons et de 63 % à 57 % pour les filles, selon le rapport publié jeudi 29 août.

Les mêmes données révèlent que près d’un tiers des adolescents (30 %) ont affirmé n’avoir utilisé ni préservatif ni pilule contraceptive.

Toutefois, selon le docteur Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, ces chiffres, bien que préoccupants, ne sont pas surprenants.

« L’éducation sexuelle complète adaptée à l’âge reste négligée dans de nombreux pays et, lorsqu’elle est disponible, elle fait l’objet d’attaques de plus en plus fréquentes ces dernières années, au motif qu’elle encouragerait les comportements sexuels », a expliqué le Dr Kluge dans un communiqué de presse.

Feuille de route pour les décideurs politiques

Le rapport de l’OMS contient plusieurs recommandations à l’intention des décideurs politiques, des éducateurs et des professionnels de la santé, dans le but de « doter les jeunes des bonnes connaissances au bon moment afin d’obtenir des résultats optimaux en matière de santé, grâce à des comportements et à des choix responsables ».

En d’autres termes, des programmes d’éducation couvrant un large éventail de sujets, y compris une éducation sexuelle complète, devraient être mis en œuvre dans chaque école.

« L’éducation doit aller au-delà du simple transfert d’informations », a indiqué le Dr András Költő de l’Université de Galway (Irlande), auteur principal du rapport, qui suggère d’ouvrir des espaces et des services sûrs pour que les jeunes puissent discuter de toute question liée aux relations intimes.

« Les gouvernements, les autorités sanitaires et éducatives et les organisations de la société civile devraient les aider à développer des compétences essentielles dans la vie quotidienne, notamment une communication et une prise de décision transparentes et sans jugement », a-t-il ajouté.

Soutien financier et politique

Au-delà de l’éducation des adolescents, un soutien financier et politique est nécessaire pour développer des programmes solides d’éducation à une sexualité plus sûre, a ajouté l’agence des Nations unies pour la santé.

Une étude réalisée en 2022 à la demande de la commission des Droits des femmes et de l’égalité des genres (FEMM) du Parlement européen a également souligné la nécessité d’investir dans les enseignants et le personnel travaillant dans les écoles.

Selon la commission FEMM, les institutions européennes devraient fournir des financements pour promouvoir l’éducation sexuelle et échanger les meilleures pratiques entre les États membres.

En Catalogne, par exemple, les écoles ont mis en place un programme pilote d’éducation sexuelle et émotionnelle pour tous les enfants âgés de 3 à 15 ans.

« Nous disposons des preuves, des outils et des stratégies nécessaires pour améliorer les résultats en matière de santé sexuelle des adolescents. Ce qu’il nous faut, c’est la volonté politique et les ressources nécessaires pour y parvenir », a indiqué la Dr Margreet de Looze de l’université d’Utrecht, l’une des coautrices du rapport.

L’accès à une éducation sexuelle est restreinte dans plusieurs états membres. Dernier exemple en date la Bulgarie, dont la parlement a adopté à une écrasante majorité, le 7 août, l’interdiction de ce qu’il a appelé la « propagande » LGBTQIA+ dans les écoles.