Les infections sexuellement transmissibles continuent de progresser en Europe

Selon un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, l'Europe fait face à une augmentation « préoccupante » des infections sexuellement transmissibles (IST). La garantie d'un meilleur accès à la contraception et à des pratiques sexuelles plus sûres pourrait être envisagée.

EURACTIV.com
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Des préservatifs sont visibles à l'intérieur du village des athlètes avant les Jeux olympiques de Paris, le 23 juillet 2024 à Paris, France. [Maja Hitij/Getty Images]

Selon un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, l’Europe fait face à une augmentation « préoccupante » des infections sexuellement transmissibles (IST). La garantie d’un meilleur accès à la contraception et à des pratiques sexuelles plus sûres pourrait être envisagée.

Dans son dernier rapport annuel, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a averti que les cas d’IST étaient en hausse en Europe, avec un total de 140 000 cas.

Plus précisément, en 2023, les cas de gonorrhée ont augmenté de 31 %, ceux de syphilis de 13 %, et ceux de chlamydia ont légèrement décéléré par rapport à l’année précédente, à 3 %.

Les cas de gonorrhée sont particulièrement fréquents chez les femmes de l’Union européenne (UE) et de l’Espace économique européen (EEE) âgées de 20 à 24 ans. Une augmentation de 200 % de la gonorrhée y a été enregistrée depuis 2021, avec un nombre annuel « frappant » d’environ 100 000 cas au cours de la dernière décennie.

Pour la syphilis, que l’on pensait sur le point d’être éradiquée, les cas ont également augmenté en Europe depuis 2021. Une très légère baisse a pourtant été enregistrée pendant les confinements dus à la pandémie de Covid-19. Pendant la grossesse, la syphilis congénitale peut également être transmise aux enfants. 73 cas ont été recensés en 2023.

Malgré un ralentissement de l’augmentation des cas de chlamydia en 2023, cette infection reste l’IST la plus fréquemment signalée en Europe, avec environ 230 000 cas.

Si la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia peuvent être traitées par antibiotiques, l’inquiétude grandit face à l’émergence de souches résistantes aux antimicrobiens, en particulier pour la gonorrhée.

Si elles ne sont pas traitées, ces maladies peuvent entraîner des problèmes de santé importants, tels que des maladies inflammatoires pelviennes, un risque plus élevé d’infections par le VIH, et l’infertilité.

Pourquoi les IST sont-elles en hausse en Europe ?

Selon l’ECDC, l’augmentation des cas d’IST pourrait s’expliquer en partie par l’amélioration des tests.

Mais elle est probablement aussi due à une combinaison de facteurs. On compte en effet une baisse de l’utilisation du préservatif dans toutes les catégories démographiques, y compris chez les femmes, et les hommes hétérosexuels et homosexuels. Le Comité de sécurité sanitaire de l’UE a suggéré que la distribution gratuite de préservatifs pourrait contribuer à endiguer ces maladies.

En outre, l’éducation sexuelle est inégale en Europe, certains pays comme l’Italie ayant choisi de ne pas la rendre obligatoire. Il existe également des résistances du côté politique, comme avec les lois de « protection de l’enfance » en Hongrie, qui interdisent les contenus dits « LGBT » dans les écoles.

De plus, certaines populations vulnérables telles que les travailleurs et travailleuses du sexe et les consommateurs et consommatrices de drogues injectables, sont confrontées à des obstacles en matière de dépistage et de traitement.

Inverser la tendance

Certains États membres de l’UE ont introduit des mesures pour faire face à cette augmentation des IST.

En France, depuis 2023, le gouvernement a rendu l’accès aux préservatifs gratuits pour les moins de 26 ans afin de promouvoir la santé sexuelle.

« La réalité est très, très éloignée de la théorie. Nous devons mieux former nos enseignants dans ce domaine ; nous devons les sensibiliser à nouveau », déclarait le président Emmanuel Macron il y a deux ans, à propos de l’éducation sexuelle en France.

Au niveau européen, le portefeuille de la santé sexuelle et reproductive a récemment été confié à la commissaire belge Hadja Lahbib après que le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, n’ait pas réussi à convaincre les eurodéputés lors de son audition pour le rôle de commissaire.

Hadja Lahbib devrait bientôt présenter une « feuille de route pour les droits des femmes » qui concernera divers aspects de la santé des femmes.

(SN/AB)