D'autres sanctions possibles contre l'Iran à cause des livraisons présumées de drones à la Russie
Les États membres de l’UE ont exprimé lundi leur soutien politique à l’imposition de nouvelles sanctions à l’Iran pour son soutien militaire à la guerre en Ukraine, s’il est prouvé que les frappes sur Kiev ont été effectuées avec des drones de fabrication iranienne.
Lundi (17 octobre), les États membres de l’UE ont exprimé leur soutien politique à l’imposition de nouvelles sanctions à l’Iran pour son soutien militaire à la guerre en Ukraine menée par la Russie, s’il est prouvé que les frappes sur Kiev ont été effectuées avec des drones de fabrication iranienne.
Réunis à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l’UE sont parvenus à un consensus de principe sur les sanctions à imposer à Téhéran s’il est prouvé que le régime iranien a fourni des drones « kamikazes » Shahed-136 à Moscou.
Selon des responsables ukrainiens, ces dernières semaines, la Russie a déployé de plus en plus de drones iraniens pour cibler des infrastructures en Ukraine. Cependant, l’Iran affirme n’avoir envoyé aucun drone à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou et le Kremlin n’a fait aucun commentaire.
« Nous suivons de très près l’utilisation des drones. Nous rassemblons des preuves et nous serons prêts à réagir avec les outils à notre disposition », a déclaré aux journalistes Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, après la réunion des ministres.
« Ces processus [de sanctions] doivent être basés sur des preuves. Les preuves existent ; elles ont été fournies par les services de renseignement compétents », a expliqué M. Borrell.
« Une fois que toutes les preuves seront réunies, et elles sont déjà nombreuses, je pense qu’il n’y aura aucun problème avec les futures mesures prises par les États membres », a-t-il ajouté.
Plusieurs ministres des États membres ont été plus directs dans l’attribution de l’utilisation des drones, appelant à davantage de mesures contre l’Iran en raison de son implication « évidente » dans la guerre.
Les drones capturés presque intacts par l’armée ukrainienne montreraient qu’il s’agit bien de Shaheed-136 fabriqués en Iran.
Si l’implication de Téhéran dans la guerre contre l’Ukraine est prouvée, les sanctions supplémentaires de l’UE à son encontre ne se limiteront pas à l’inscription de certaines personnes sur une liste noire, a déclaré le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.
Les deux parties à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, la France et l’Allemagne, ont déclaré qu’elles pensaient que de nouvelles sanctions concernant les livraisons de drones étaient nécessaires.
Paris a déclaré la semaine dernière que les transferts de drones devaient être considérés comme une violation de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, qui, dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, avait levé une série de sanctions économiques contre Téhéran.
Les chefs d’État européens, qui se réunissent cette semaine à Bruxelles pour un sommet ordinaire, pourraient décider de prendre d’autres mesures.
Ces considérations sont le signe le plus récent d’un refroidissement des relations entre les capitales européennes et Téhéran.
La plupart des États membres restent favorables à la relance de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont les négociations stagnent depuis plus de 18 mois maintenant.
Toutefois, les responsables américains et européens sont devenus moins prudents quant à l’imposition de sanctions qui, selon certains observateurs, pourraient également avoir un impact sur ces négociations.
Les sanctions pour violation des droits de l’Homme
Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont ajouté quatre institutions et onze Iraniens, dont le chef de la police des mœurs, à une liste d’interdiction de voyage et de gel des avoirs pour leur rôle dans la répression des manifestations et la mort de Mahsa Amini, 22 ans, le mois dernier, lors de sa détention par la police des mœurs du pays.
Parmi les personnes sanctionnées figurent également le ministre iranien de l’Information, la division cybernétique des Gardiens de la révolution et une branche de la police nationale.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a réagi lundi aux sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme imposées à Téhéran, les qualifiant de « superflues » et d’« acte non constructif issu d’un mauvais calcul ».
« L’UE a adopté aujourd’hui de nouvelles sanctions superflues contre des citoyens iraniens. C’est un acte non constructif issu d’un mauvais calcul, basé sur une désinformation généralisée. Les émeutes et le vandalisme ne sont tolérés nulle part ; l’Iran ne fait pas exception », a déclaré Hossein Amirabdollahian sur Twitter.