David Cameron appelle à renforcer les liens avec le Kazakhstan lors de sa visite en Asie centrale
David Cameron a été le premier Premier ministre britannique à se rendre au Kazakhstan. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, ce dernier a appelé à renforcer les liens entre les deux nations lors de son passage à Astana.
David Cameron a été le premier Premier ministre britannique à se rendre au Kazakhstan. C’était il y a 11 ans. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, ce dernier a appelé à renforcer les liens entre les deux nations lors de son passage à Astana.
Lord Cameron s’est rendu dans la capitale kazakhe le 24 avril dans le cadre d’une tournée diplomatique plus vaste en Asie centrale et en Mongolie. À Astana, il s’est entretenu tour à tour avec le président Kassym-Jomart Toakyev et le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Murat Nurtleu.
Les deux homologues ont signé un nouvel accord de coopération en vue de renforcer les relations bilatérales dans des secteurs clés tels que la politique étrangère et la sécurité, le commerce et l’investissement, le partenariat pour l’énergie et les matières premières, la protection de l’environnement et le changement climatique, la science et l’éducation.
En accueillant David Cameron, le président kazakh Tokayev a fait savoir qu’il était persuadé que l’accord global qu’ils venaient de signer donnerait « un nouvel élan à notre programme bilatéral multidimensionnel ».
Kassym-Jomart Tokayev a évoqué le potentiel de renforcement de la coopération commerciale, économique et d’investissement dans des domaines tels que l’énergie, l’économie verte, la finance et l’innovation, mais aussi de resserrer les liens culturels et humanitaires.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, de son côté, a félicité le Kazakhstan pour les « énormes progrès » réalisés sur les plans économique, social et politique. David Cameron a pointé les progrès dans le domaine de l’éducation, annonçant le doublement des bourses d’étude Chevening pour la jeunesse kazakhe.
Dans le même temps, le ministre Murat Nurtleu a souligné que le volume des échanges commerciaux entre les pays était en hausse. Le Royaume-Uni se classe parmi les 10 premiers investisseurs au Kazakhstan. Les investissements britanniques ont augmenté de 20 %, s’élevant à 795 millions de dollars rien que l’année dernière.
David Cameron a confirmé qu’il y aurait plus d’opportunités d’investissement à l’avenir, car les parties ont récemment signé un partenariat sur les minerais critiques. « Nous avons des propositions intéressantes pour faire participer les sociétés minières britanniques dans ce domaine », a-t-il annoncé.
Offrir un nouveau choix de partenariat
La région préserve ses liens et sa coopération tant avec la Russie qu’avec la Chine. Le Turkménistan, par exemple, dépend presque exclusivement des achats de gaz naturel par ces pays pour survivre. Parallèlement, le commerce bilatéral avec le Royaume-Uni ne s’élevait qu’à 66 millions de livres sterling au dernier trimestre de 2023, selon le ministère britannique des Affaires et du Commerce.
Le ministre britannique des Affaires étrangères a utilisé l’expression « prise en sandwich » pour désigner la position de l’Asie centrale entre la Russie et la Chine, dans une vidéo mise en ligne depuis Achgabat, la capitale turkmène, sur X (anciennement Twitter), avant son passage à Astana.
S’exprimant dans la capitale kazakhe sur l’objectif plus large de cette visite, David Cameron a souligné que le Royaume-Uni proposait un partenariat plus poussé avec la région, sans faire pression sur les pays d’Asie centrale pour qu’ils désavouent leurs relations commerciales « naturelles » avec la Russie ou la Chine.
« Nous ne disons pas au Kazakhstan, ni à aucun autre pays, que vous devez faire un choix. Nous sommes ici parce que nous croyons que vous devriez être en mesure de faire un choix de partenariat avec nous d’une manière qui est bonne pour notre sécurité et notre prospérité », a fait remarquer la ministre britannique.
L’importance croissante de l’Asie centrale
La visite de David Cameron dans les cinq anciens pays soviétiques d’Asie centrale et en Mongolie est intervenue plusieurs mois après la publication d’un rapport de la Commission des affaires étrangères intitulé Countries at crossroads : UK engagement in Central Asia (Pays à la croisée des chemins : l’engagement du Royaume-Uni en Asie centrale).
Ce rapport de novembre 2023 dénonçait le faible niveau d’engagement de Londres dans la région, considérant que resserrer les liens était un « un impératif géopolitique » et recommandant des visites ministérielles de haut niveau dans la région.
La députée Alicia Kearns, qui préside la commission des Affaires étrangères, a salué la visite de David Cameron en Asie centrale et en Mongolie, affirmant qu’elle démontre « l’importance croissante de cette région géopolitique ».
Le rapport de la commission s’est particulièrement penché sur les répercussions de la guerre de la Russie en Ukraine, affirmant que Moscou utilisait la région pour éviter les sanctions imposées par le Royaume-Uni.
« La reconnaissance par Lord Cameron que les élites russes ont utilisé les États d’Asie centrale pour contourner les sanctions est la bienvenue. Pour que le régime de sanctions du Royaume-Uni contre [le président russe] Vladimir Poutine soit efficace, il doit être à toute épreuve », a commenté Mme Kearns sur le site Web de la commission.
Le rapport a appelé le gouvernement britannique à adapter les approches d’engagement pour chaque pays d’Asie centrale afin d’encourager leur indépendance. Alicia Kearns a mentionné un engagement d’assistance de 50 millions de livres sterling qui « pourrait aider le Royaume-Uni à accroître son soft power et son influence dans la région ».
« Situés le long de la ligne de fracture entre la Russie et la Chine, il est primordial de protéger l’indépendance et la souveraineté des pays d’Asie centrale », a-t-elle fait remarquer.