De retour à Budapest, Viktor Orbán fustige le débat « haineux » au Parlement européen

Le Premier ministre hongrois, rentré à Budapest après les passes d’armes au Parlement européen début de semaine, a dénoncé vendredi 11 octobre « l’hostilité » des eurodéputés à son encontre, allant jusqu’à accuser Bruxelles de vouloir « renverser » son gouvernement.

EURACTIV France avec AFP
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán au Parlement européen, à Strasbourg, le 9 octobre 2024. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, rentré à Budapest après les passes d’armes au Parlement européen début de semaine, a dénoncé vendredi 11 octobre « l’hostilité » des eurodéputés à son encontre, allant jusqu’à accuser Bruxelles de vouloir « renverser » son gouvernement.

« Au lieu d’un débat calme et posé sur les grands défis de l’Europe, ils ont été pris d’une fièvre et se sont livrés à un échange d’invectives », a déclaré le dirigeant hongrois lors d’une interview régulière à la radio publique.

« Je les ai observés : ce n’était que pure haine, hostilité, une série d’attaques en règle ignorant les faits, sans aucun intérêt pour le peuple européen », a-t-il ajouté.

Le dirigeant nationaliste, venu mercredi 9 octobre à Strasbourg présenter les priorités de sa présidence tournante du Conseil de l’UE, s’est heurté aux attaques d’une large partie de l’hémicycle, notamment pour sa proximité affichée avec Moscou et ses atteintes à l’État de droit.

Bien qu’habitué à ferrailler avec Bruxelles, il a visiblement peu goûté à l’expérience et aux propos de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, moquant sa « mission de paix » autoproclamée et unilatérale début juillet en Russie.

« Ils veulent renverser le gouvernement d’un État membre », a-t-il lancé, s’étonnant de « la transparence et de l’impudence de cette démarche ».

La présidence hongroise du Conseil de l’UE, qui prend fin en décembre, a été marquée par le boycott inédit par les commissaires européens des réunions organisées à Budapest.

Viktor Orbán avait promis d’être « le catalyseur du changement » des institutions européennes, mais au final ses six mois devraient s’achever sur un maigre bilan.

Son pacte de compétitivité, érigé en priorité, a « peu de chances d’aboutir » tant sont « grandes les divergences » avec ses partenaires, a-t-il reconnu vendredi.

Depuis son retour à la tête du pays en 2010, Viktor Orbán a renforcé son emprise tout en mettant au pas les contre-pouvoirs, une dérive autoritaire condamnée à plusieurs reprises par la Commission européenne.