Dégel entre la Grèce et la Turquie
Lors d’une rencontre à Athènes les 14 et 15 mai, les premiers ministres grec et turc ont annoncé l’ouverture d’une nouvelle ère de coopération entre les deux pays.
Lors d’une rencontre à Athènes les 14 et 15 mai, les premiers ministres grec et turc ont annoncé l’ouverture d’une nouvelle ère de coopération entre les deux pays.
En pleine tourmente économique, la Grèce apaise ses relations avec la Turquie, à l’occasion d’une visite du premier ministre turc Recep Tayyip Erdo?an à son homologue grec George Papandréou. Les deux dirigeants ont notamment évoqué la baisse des dépenses militaires des deux pays.
« Nous ne souhaitons pas voir la mer Egée comme une mer qui nous sépare. Nous voulons voir l’Egée comme un océan de paix. », a dit le premier ministre turc lors d’une conférence de presse. Le premier ministre grec a confirmé en déclarant que « l’évolution des relations gréco-turques va renforcer le climat de confiance et de stabilité, et finalement la conséquence naturelle pourrait être la réduction des armements ».
Aujourd’hui, le budget militaire grec, rapporté au PIB, est le deuxième de l’OTAN, soit 2,8% du PIB, chiffre qui pourrait être sous-estimé selon Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, qui évoque plutôt 4,5%. Celui de la Turquie s’élève à 1,8%.
Selon Didier Billion, chercheur à l’IRIS, cette rencontre est un « signe positif » qui va contribuer à « un approfondissement de la normalisation des relations entre les deux pays ». En témoigne notamment « la création d’un Haut conseil de coopération gréco-turc [qui] est un signe non négligeable », a-t-il ajouté. Une évolution également illustrée par la composition de la délégation turque : Recep Tayyip Erdo?an était accompagné de pas moins de 10 ministres.
Ce changement peut entre autres s’expliquer par la crise économique qui frappe la Grèce et qui pousse le pays à réduire ses dépenses militaires, pour le moment largement épargnées dans le plan d’austérité. Quant à la Turquie, elle cherche à relancer le processus d’adhésion à l’UE. Ainsi, deux approches différentes peuvent néanmoins converger vers un même but, selon Didier Billion.
S’il s’agit « d’un indicateur symbolique fort », les décisions prendront du temps, précise-t-il. En effet, aucune décision concrète n’a été prise en matière de baisse des dépenses militaires.
Un bémol toutefois : les problèmes de fonds (Chypre, violation de l’espace aérien grec…) n’ont pas été réglés. RFI rapporte que selon le quotidien Eleftherotypía, « sur l’Egée et Chypre, aucun progrès n’a été enregistré ». Il titrait également samedi 15 mai, « Vingt-et-un accords, mais des désaccords épineux ».
Outre l’annonce sur les dépenses militaires, la rencontre a permis la signature de 21 accords de coopération dans des domaines variés tels que le tourisme ou l’environnement. Autant d’accords qui montrent que « l’impulsion est donnée », selon Didier Billion.