Des centres d’aide pour les PME à travers le monde [FR]

L’exécutif européen prévoit d’ouvrir une série de nouveaux bureaux à travers le monde destinés à aider les petites entreprises à se déployer sur de nouveaux marchés. Toutefois, Bruxelles hésite à empiéter sur les compétences des agences nationales et des organisations privées qui fournissent déjà de tels services, selon des documents de la Commission européenne consultés par EURACTIV.

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L’exécutif européen prévoit d’ouvrir une série de nouveaux bureaux à travers le monde destinés à aider les petites entreprises à se déployer sur de nouveaux marchés. Toutefois, Bruxelles hésite à empiéter sur les compétences des agences nationales et des organisations privées qui fournissent déjà de tels services, selon des documents de la Commission européenne consultés par EURACTIV.

Des millions d’euros seront injectés dans les centres de conseil à l’étranger pour aider les entreprises européennes à se familiariser avec les défis culturels et juridiques du travail dans les nouveaux marchés.

Un financement a déjà été apporté pour l’établissement de bureaux en Inde et en Chine, bien que le bureau chinois doive encore ouvrir ses portes, ne sachant toujours pas quelle organisation sera à sa tête.

Un centre européen de commerce et technologie a ouvert depuis fin 2008 à New Delhi (Inde), avec un budget total de 14,5 millions d’euros qui doivent être dépensés sur une période de 8 ans. L’opération indienne s’étendra également à trois autres centres indiens.

Le centre PME prévu en Chine, qui a été officiellement décidé lors d’un sommet Chine-UE en 2009, sera opérationnel pour au moins 5 ans et se verra allouer un budget de 5 millions d’euros.

Bangkok et Moscou : les prochains sur la liste

Plus tard cette année, un bureau du même type ouvrira à Bangkok, en Thaïlande, avec un budget de 2,2 millions d’euros pour ses premiers 3 ou 4 ans d’existence. Son but est de couvrir  la Thaïlande et d’autres pays du sud-est de l’Asie qui composent l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

L’UE procède également à une étude de faisabilité afin de voir s’il serait utile d’ouvrir un centre de commerce et de technologie à Moscou (Russie). Un soutien pour des services privés similaires est envisagé pour Hong-Kong, la Malaisie et Singapour.

En dehors des marchés émergeants, les programmes de soutien aux entreprises existent déjà au Japon et en Corée du sud.

L’UE révise actuellement l’objectif de ces bureaux afin d’assurer la clarté de leur mandat alors qu’existent des inquiétudes concernant le fait que la promotion des PME européenne puisse empiéter sur le travail effectué par les ambassades nationales et les autorités de promotion des entreprises.

De la même façon, des inquiétudes ont été soulevées quant à la probabilité que les centres de conseil pour les entreprises financées par des fonds publics chevauchent le travail existant des organisations commerciales ou des entreprises de consultance privées.

Bruxelles réticente à entrer en concurrence avec les Etats membres et les entreprises privées

Un document international rédigé par la Commission met en garde contre la duplication de services qui ont déjà été développés par les organisations implantées localement, qu’elles soient publiques et privées.

Lorsqu’il y a un risque ad hoc de chevauchement ou de concurrence, on doit faire attention à ce que le soutien financé par l’UE ne représente pas une concurrence déloyale, affirme le document.

Les services qui bénéficient d’un soutien public doivent être limités aux endroits où il existe des « échecs de marché », d’après la Commission européenne.

Alors que la plupart des gouvernements européens fait déjà la promotion des entreprises à l’étranger, de nombreux Etats membres plus petits d’Europe centrale et de l’est ont un réseau moins développé d’ambassades, ce qui conduit certaines personnes à estimer que Bruxelles pourrait jouer un rôle pour aider leurs entreprises.

Révision politique en cours

L’exécutif de l’UE travaille actuellement sur une politique cohérente qui permettrait d’utiliser le financement alloué par le Parlement européen pour le soutien des entreprises à l’étranger.

L’ampleur de ce qui est nécessaire rend difficile l’établissement d’une politique qui conviendrait à tout le monde dans ce domaine, et un certain nombre d’efforts ad hoc ont déjà été fournis pour résoudre les problèmes spécifiques au marché auxquels les PME sont confrontés.

Par exemple, le service d’assistance aux droits de la propriété intellectuelle à Pékin aide les entreprises à naviguer à travers le système de brevets chinois, plein d’embûches. Ce type de services pourrait être intégré à un guichet unique commun aux PME, d’après la proposition de la Commission.

Les fonctionnaires craignent également de ne pas en avoir pour leur argent, étant conscients que la Cour des comptes de Luxembourg regardera par-dessus leurs épaules pour s’assurer que les fonds publics sont bien dépensés.

Alors que l’argent de l’UE sera utilisé pour instaurer ces centres, ils devraient pouvoir finir par s’autofinancer, et probablement utiliser des services sur la base de tarifs et de frais d’adhésion afin de créer un revenu durable.