Des États membres préparent une déclaration condamnant l’interdiction de la Pride en Hongrie

Des États membres de l’UE menés par les Pays-Bas devrait signer une déclaration condamnant la Hongrie pour sa répression de la communauté LGBTQ et appelant la Commission à « utiliser pleinement les instruments juridiques à sa disposition ».

/ / EURACTIV.com
Brussels Holds 2025 Pride Parade In Celebration Of LGBTQIAP+ Community
En mars, le gouvernement hongrois a adopté une loi interdisant les marches des fiertés et autorisant l’usage de la reconnaissance faciale par la police pour identifier les participants à de tels évènements. [Getty Images/Luis Miguel Caceres]

Un groupe d’États membres de l’UE mené par les Pays-Bas devrait signer une déclaration condamnant la Hongrie pour sa répression de la communauté LGBTQ. Les signataires appeleront également la Commission européenne à « utiliser pleinement les instruments juridiques à sa disposition » pour contraindre Budapest à revenir sur ses mesures répressives.

En mars, le gouvernement hongrois a adopté une loi interdisant les marches des fiertés et autorisant l’usage de la reconnaissance faciale par la police pour identifier les participants à de tels évènements. Cette mesure s’inscrit dans une série de lois hongroises discriminatoires visant la communauté LGBTQ.

Un groupe d’États membres de l’Union européenne mené par les Pays-Bas prévoit de signer mardi 27 mai une déclaration dans laquelle il se dit « préoccupé par les implications de ces mesures sur la liberté d’expression, le droit de réunion pacifique et le droit à la vie privée », selon un projet de déclaration consulté par Euractiv.

La protection des personnes LGBTQ « est inhérente à l’appartenance à la famille européenne », devraient-ils encore affirmer.

Les signataires devraient aussi exhorter la Commission européenne à « utiliser pleinement les instruments juridiques à sa disposition » pour contraindre Budapest à changer de cap.

La déclaration devrait être signée ce mardi avant une réunion du Conseil des affaires générales dont le principal point à l’ordre du jour sera la poursuite d’une procédure engagée en 2018 contre la Hongrie pour violations « graves » des valeurs de l’UE.

Lundi 26 avril dans la soirée, quatorze pays de l’UE avaient signé la déclaration, selon un diplomate européen. Parmi les cosignataires attendus figurent les pays du Benelux et les pays nordiques.

La Commission critiquée

Pendant ce temps, la Commission européenne est vivement critiquée pour son silence et son inaction face à l’interdiction de la Pride du 28 juin.

La semaine dernière, le groupe libéral Renew Europe a critiqué la Commission européenne pour son inaction et a demandé à la présidente de l’exécutif de l’UE, Ursula von der Leyen, de prendre des mesures juridiques urgentes pour assurer la tenue de la marche.

La même semaine, 26 eurodéputés de plusieurs partis ont appelé la Commission à geler tous les fonds destinés à la Hongrie, accusant le gouvernement de Viktor Orbán de « violations » répétées des lois européennes, notamment avec son interdiction de la Pride.

Lundi, l’on apprenait toutefois que le bureau de la présidente de la Commission aurait demandé aux commissaires européens de ne pas assister à la Pride de Budapest afin de ne pas irriter le Premier ministre hongrois. Un signal pour le moins contradictoire, alors même que la pression augmente pour que le Berlaymont fasse preuve de fermeté dans cette affaire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]