Des milliers de manifestants contre la mission européenne au Kosovo
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Pristina, la capitale du Kosovo, pour protester contre la mission européenne Eulex de maintien de l'Etat de droit, qui a récemment été à l'origine de l'arrestation de rebelles kosovars pour des crimes de guerre commis pendant la guerre de sécession de 1998-1999 contre la Serbie.
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Pristina, la capitale du Kosovo, pour protester contre la mission européenne Eulex de maintien de l'Etat de droit, qui a récemment été à l'origine de l'arrestation de rebelles kosovars pour des crimes de guerre commis pendant la guerre de sécession de 1998-1999 contre la Serbie.
Les manifestations d’hier étaient organisées par plusieurs organisations de vétérans de la guerre de 1998-1999 et rejointes par une organisation parapluie d’ONG ainsi que des étudiants pour « défendre l’honneur de l’UCK pendant la guerre ».
Les manifestants ont défilé en portant des bannières où l’on pouvait lire « Libérer les combattants de la liberté » et « Eulex, ouste ! », a rapporté RFI.
Neuf anciens rebelles de l’Armée de libération du Kosovo dissoute ont été arrêtés par la police Eulex il y a deux semaines, suspectés d’avoir tué et torturé des Albanais et Serbes ethniques pendant la guerre au Kosovo.
Un ancien ministre du gouvernement kosovar se trouvait parmi eux.
Aggravation de la crise
Le Kosovo, un Etat devenu indépendant récemment qui n’est pas reconnu par tous les Etats membres de l’UE (voir « Background »), traverse une crise politique majeure à un moment crucial.
Les discussions soutenues par l’UE entre Belgrade et Pristina ont débuté récemment, dans le but de donner des perspectives plus concrètes à la région.
Lundi, la cour constitutionnelle du Kosovo a jugé que les élections du 22 février, qui avaient désigné Behgjet Pacolli comme président, étaient inconstitutionnelles.
« La cour constitutionnelle a déterminé par une majorité des votes que la procédure électorale allait à l’encontre de l’article 86 de la constitution et des principes démocratiques », a déclaré la Cour. Selon l’article 86, le président doit être élu avec une majorité qualifiée des deux tiers de tous les membres du parlement. De plus, il établit la nécessité d’avoir au moins un autre candidat pour le poste. M. Pacolli, un homme d’affaires multimillionnaire controversé, a été élu par une majorité simple de 61 votes. On ne sait pas si d’autres élections auront lieu alors que M. Pacolli est en place, ou s’il devra d’abord démissionner, a commenté la BBC.
Cette décision est la deuxième de ce type en six mois contre un chef d’Etat kosovar.
Fatmir Sejdiu a démissionné en septembre, après que la cour constitutionnel a déclaré qu’il avait lui aussi violé la constitution en qualité de leader du parti.
Bruxelles dans l’embarras
La décision de la cour constitutionnelle met l’UE dans l’embarras, car celle-ci s’était empressée de saluer les résultats des élections présidentielles, malgré les plaintes de l’opposition quant à des pressions excessives exercées sur les législateurs pour arriver à une majorité. « Nous respectons la décision de la cour constitutionnel et nous étudierons le jugement dès sa publication », ont déclaré la haute représentante de la politique étrangère de l’UE, Catherine Ashton, et le commissaire à l’élargissement, Stefan Füle, dans une déclaration commune citée dans la presse serbe.
« Nous attendons des deux parties qu’elles progressent vers une solution de manière constructive et conformément aux procédures internes », ont déclaré les deux représentants de l’UE mardi (29 mars).