Des représentants de l’UE se rendent en Chine pour discuter écologie
Des hauts représentants de l’industrie et de l’environnement rencontrent le 19 juillet des homologues chinois pour promouvoir la croissance verte. C’est la 68e fois cette année que Pékin conseille aux jeunes ainsi qu’aux personnes âgées et malades de rester à l’intérieur en raison d’une « forte pollution ».
Des hauts représentants de l’industrie et de l’environnement rencontrent le 19 juillet des homologues chinois pour promouvoir la croissance verte. C’est la 68e fois cette année que Pékin conseille aux jeunes ainsi qu’aux personnes âgées et malades de rester à l’intérieur en raison d’une « forte pollution ».
Les concentrations de particules fines qui menacent le plus la santé (PM2.5) ont atteint 241 microgrammes par mètre cube près de la place Tiananmen, selon le Beijing Municipal Environmental Monitoring Center, cité par Bloomberg.
Les 20 millions de Pékinois seront donc exposés à des niveaux de pollution dix fois plus élevés que les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à savoir 25 microgrammes par jour.
Le commissaire européen en charge de l'environnement, Janez Poto?nik, rencontrera comme chaque année le ministre chinois de la protection de l'environnement, Zhou Shengxian, pour discuter de la stratégie relative à la croissance verte.
« La qualité de l'air constitue bien sûr l'un des sujets de discussion », a déclaré le commissaire à EURACTIV avant son déplacement. « Je pense que c'est tout simplement une question qu’aucun gouvernement au monde ne pourra ignorer. S’il y a une chose à laquelle nous sommes très attachés, c'est bien notre santé. »
Le gouvernement chinois a récemment tenté d'apaiser la colère de la population face aux niveaux de pollution des grandes villes. Les concentrations ont atteint un record entre janvier et février cette année, selon le site du gouvernement de Pékin.
Le maire et secrétaire du Comité municipal de Pékin, Guo Jinlong, s'est engagé à améliorer la qualité de l'air. Il a déclaré lors d'une réunion entre fonctionnaires municipaux que le contrôle de la pollution était dans l'intérêt des citoyens et important pour l'image de la Chine.
Joindre le geste à la parole
Le commissaire Poto?nik est cependant conscient que l'Europe doit agir fermement contre les émissions nocives si elle veut que la Chine en fasse de même.
« Nous ne nous contentons pas de paroles, nous y joignons le geste. Je pense que c'est la partie la plus difficile. Il est parfois aisé de convenir d'initiatives politiques. Je ne veux accuser personne, mais je dis toujours que si vous voulez être crédible sur la scène internationale, vous devez d’abord balayer devant votre porte », a-t-il expliqué.
La Commission a engagé des procédures d'infraction contre plusieurs États membres de l'UE pour violation de la directive sur la qualité de l'air.
La Cour suprême du Royaume-Uni a demandé le 17 juillet à la Cour de justice de l'Union européenne d'accélérer la procédure engagée par l'ONG de défense de l’environnement ClientEarth contre le gouvernement britannique, car il n'a pas respecté les normes de la qualité de l'air. L'affaire pourrait être entendue avant fin 2013.
« Nous savons que les limites actuelles en Europe sont bien inférieures à celles recommandées par l'OMS pour les PM10 », a précisé M. Poto?nik. « Environ 20 % des Européens vivent dans des régions qui dépassent notre niveau [de sécurité]. Si vous prenez les recommandations de l'OMS, plus de 80 % des Européens vivent dans des régions [dangereuses]. Ce sont des chiffres incroyables. »
Une soixantaine de représentants de l'industrie se rendent également en Chine, dont le commissaire européen en charge de l'industrie, Antonio Tajani, résolu à établir de nouvelles relations avec les entreprises chinoises. L'entreprise de production de métaux Umicore, l'Association des chambres de commerce et d'industrie européennes (Eurochambres), le géant de l'énergie GDF Suez et le fabricant de pneus Pirelli participent à la mission.