Des responsables politiques tchèques de centre-droit rejettent l’objectif climatique de l’UE pour 2040
Des responsables politiques tchèques de centre-droit ont qualifié d’irréaliste le nouvel objectif climatique proposé par Bruxelles, mettant en garde contre des dommages économiques pour la République tchèque ainsi que des retombées politiques négatives pour la Commission.
Plusieurs responsables politiques tchèques du Parti populaire européen (PPE, centre-droit) se sont joints aux conservateurs pour rejeter la dernière proposition climatique de la Commission européenne. Celle-ci vise à réduire de 90 % d’ici 2040 les émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990.
Le Premier ministre Petr Fiala (ODS, Conservateurs et Réformistes européens/CRE) a rapidement rejeté l’objectif proposé. « Nous ne sommes pas d’accord pour fixer un nouvel objectif climatique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse mercredi 2 juillet.
« Nous pensons que les objectifs climatiques existants sont déjà en place et qu’ils doivent être atteints de manière raisonnable, en ajustant certaines des mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord afin de ne pas mettre en péril la compétitivité », a-t-il poursuivi.
Il a averti que sans tenir compte de la prospérité et des aspects économiques, « nous n’aurons pas le soutien de l’opinion publique pour les objectifs climatiques ».
Cette position est partagée par d’autres responsables politiques tchèques. Le ministre de l’Environnement Petr Hladík et l’eurodéputé Tomáš Zdechovský (membres du KDU-ČSL, affilié au PPE) ont également critiqué le plan, le jugeant irréaliste, nocif pour l’économie et manquant d’une consultation adéquate.
« Cette proposition n’est pas réaliste pour la République tchèque », a estimé Petr Hladík, appelant à des évaluations claires de l’impact sur les différents secteurs et à un soutien accru de la part de l’UE. « Sans des conditions réalistes et un financement équitable, la transformation n’est pas réalisable. »
Tomáš Zdechovský a mis en garde contre de graves conséquences politiques. « Je pense que si la Commission européenne ne veut pas être démise de ses fonctions la semaine prochaine à Strasbourg et ne veut pas que nous [votions pour la motion de censure la visant] […] alors […] elle retirera la proposition », a-t-il déclaré lors d’une interview à la télévision tchèque, faisant référence à la tentative d’un conservateur roumain de faire tomber la Commission d’Ursula von der Leyen.
« Toute la Commission européenne est devenue folle. La majorité des eurodéputés, toutes tendances politiques confondues, sont en colère », a-t-il affirmé, avertissant que la Commission risquait de perdre le soutien des partis de centre-droit. « Cela n’a pas été discuté avec nous au préalable. »
L’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra (ODS, CRE), membre de la commission de l’Environnement (ENVI) du Parlement européen, a expliqué que la République tchèque n’avait « aucune chance » d’atteindre l’objectif sans « des coûts énormes, qui retomberont sur les gens ordinaires ».
Il a qualifié la proposition d’« exemple de “colonialisme climatique” dégoûtant » et a déclaré qu’il ne la soutiendrait pas à moins qu’elle ne soit modifiée en profondeur.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]