Des sociaux-démocrates européens appellent à « bâtir une digue » contre l'extrême droite

"Nous prenons l'engagement de combattre sans relâche la haine, le racisme et la xénophobie" : plusieurs responsables sociaux-démocrates européens signent jeudi (23 mai) avec Raphaël Glucksmann, un appel pour "bâtir une digue robuste contre l'extrême droite".

EURACTIV France avec AFP
Election campaign meeting of candidates for the European parliamentary election
Tête de liste avec le PS en 2019, Raphaël Glucksmann avait alors recueilli 6,2 % des suffrages. [EPA-EFE/JULIEN DE ROSA]

« Nous prenons l’engagement de combattre sans relâche la haine, le racisme et la xénophobie » : plusieurs responsables sociaux-démocrates européens signent jeudi (23 mai) avec l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann, « l’appel de Paris » pour « bâtir une digue robuste contre l’extrême droite ».

Ce texte, diffusé sur le site internet de l’hebdomadaire français Le Nouvel Obs et dans plusieurs médias européens, est notamment signé par la tête de liste des socialistes français aux européennes, à l’origine de l’appel avec le socialiste néerlandais Frans Timmermans, ex-vice-président de la Commission européenne, et opposant à l’accord de gouvernement conclu aux Pays-Bas entre les libéraux et le parti d’extrême droite Parti pour la liberté (PVV).

« Jamais nous ne ferons le moindre pas vers une compromission avec l’extrême droite, ni sur le plan des principes ni sur le plan des stratégies électorales », a déclaré M. Glucksmann lors d’une conférence de presse avec M. Timmermans.

« Quand une formation songe à serrer la main du diable, nous la rejetons », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il était prêt à « perdre des députés » au Parlement européen.

En France, le chef de file de l’extrême droite Jordan Bardella est largement en tête des intentions de vote, à 31,5%, pour les européennes.

Evoquant des élections européennes « historiques », Frans Timmermans a souligné que « pour la première fois, le centre droit envisage de changer de cap et de s’allier avec l’extrême droite » au Parlement. « Mais si on voit ce qui se passe dans les États membres où l’extrême droite est au pouvoir », comme la Suède ou les Pays-Bas, « le centre droit a été neutralisé par l’extrême droite », a-t-il prévenu.

« Nous prenons l’engagement de bâtir une digue robuste face à l’extrême droite au Parlement européen et dans les parlements nationaux », écrivent les signataires, parmi lesquels on retrouve aussi le chef des socialistes belges Paul Magnette, le commissaire européen luxembourgeois Nicolas Schmit et la présidente espagnole de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen Iratxe García-Perez.

Ils s’engagent à « rejeter toute alliance électorale ou gouvernementale avec les partis d’extrême droite », à l’échelle nationale ou européenne, « et à exclure toute formation de la famille sociale-démocrate européenne » qui ne respecterait pas cette règle.

L’appel, signé aussi par le patron du PS Olivier Faure, l’eurodéputée sociale-démocrate allemande Katarina Barley, le Polonais Robert Biedron et la tête de liste du parti démocrate italien Elly Schlein, invite les forces politiques pro européennes à « sortir de l’ambiguïté ou de la compromission ».

Ils demandent notamment que les têtes de listes européennes prennent position sur ce sujet et que « les chefs d’État et de gouvernement s’engagent à ne pas nommer comme présidents de commission ou à la présidence du Conseil » des membres de l’extrême droite.

« Le temps est venu de devenir des démocrates de combat et non plus d’habitude ou de confort », concluent-ils.