Des villageois cherchent de quoi se chauffer suite à la vague de froid

Des villageois hongrois tentaient de trouver du charbon à mains nues jeudi dernier (2 février), alors qu'une vague de froid en provenance de la Sibérie a entraîné la mort de nombreux Européens de l'Est. Les températures ne devraient pas remonter dans les jours qui viennent.

EURACTIV.com / Reuters
icicles-in-Serbia-007.jpg
icicles-in-Serbia-007.jpg

Des villageois hongrois tentaient de trouver du charbon à mains nues jeudi dernier (2 février), alors qu'une vague de froid en provenance de la Sibérie a entraîné la mort de nombreux Européens de l'Est. Les températures ne devraient pas remonter dans les jours qui viennent.

Au moins 139 personnes ont perdu la vie en Europe de l'Est et en Allemagne depuis le début de cette vague de froid qui a frappé en plein cœur d'un hiver inhabituellement doux en Europe.

Plus de 100 personnes sont décédées rien qu'en Ukraine, a annoncé le gouvernement le 3 février dernier.

Dans le village hongrois de Farkaslyuk, où les températures ont atteint les -22°C, plusieurs personnes ont grimpé sur un terril de 30 mètres, afin de ramasser du charbon pour chauffer leur foyer et cuisiner pendant quelques jours.

« Cela nous permet d’éviter la prison », a expliqué Jozsef Bari, un Rom père de trois enfants qui travaillait à la mine, debout dans un trou de trois mètres de profondeur au fond du crassier.

« Si nous n'avions pas fait ça, on aurait dû aller voler du bois [dans la forêt], puis on aurait été pourchassés [par la police]. »

La vague de froid en Europe centrale devrait se poursuivre jusque mi-février, dans la mesure où une zone de haute pression surplombe toujours la Russie et renvoie l'air froid au sud, a expliqué le météorologue allemand Helmut Malewski.

En Ukraine, le pays le plus durement touché par le froid, les écoles sont fermées et les supermarchés de la capitale, Kiev, commencent à manquer de denrées alimentaires. De nombreux camions sont en effet bloqués en raison de températures avoisinant les -25°C.

Vingt personnes sont mortes en l'espace de 24 heures, amenant le nombre de victimes à 63, pour la plupart des sans-abris.

La Croix-Rouge a déclaré qu'elle débloquerait des fonds, afin de construire des refuges pour ceux qui vivent dans la rue au Bélarus et en Ukraine. Les gouvernements de la région devraient faire de même.

« Les sans-abris ont été pris par surprise et ne sont pas préparés. Ils ne suivent pas les prévisions météo à long terme et sont extrêmement vulnérables », a expliqué Zlatko Kovac de la Croix-Rouge.

Des congères bloquent les routes et les pistes de décollage, la glace paralyse les aiguillages ferroviaires et les températures négatives font geler le carburant et les batteries de voiture, ce qui perturbe tous les transports.

Dans la région serbe de Ivanjica, les enfants ont dû se rendre à l'école à cheval et les villageois utilisent les animaux pour transporter la nourriture. Les habitants affirment avoir peur que les loups ne s'aventurent dans les zones résidentielles en quête de nourriture.

Le service européen pour les conditions météorologiques extrêmes, Meteoalarm, a maintenu l'état d'alerte rouge pour la Serbie, où 11 000 personnes situées en zones rurales restent isolées par la neige.

Des hélicoptères réalisent des missions de sauvetage pour évacuer les personnes âgées et apporter des vivres à la population, alors que 30 centimètres de neige sont à nouveau tombés en Bosnie le 1er février.

Les stations balnéaires croates ont été frappées par des chutes de neige inhabituelles, mais en Roumanie, les bateaux qui avaient été bloqués dans la mer Noire gelée ont pu repartir. Dans la capitale, Bucarest, les températures restent rudes, ce qui offre un peu de répit au gouvernement d'Emil Boc, étant donné que les manifestants qui se rassemblaient depuis des semaines pour protester contre l'austérité sont restés chez eux.

Au nord de la Slovaquie, les températures sont descendues au niveau le plus bas enregistré depuis 50 ans.

Europe occidentale  

En Europe occidentale, l'Italie grelotte avec Rome, Florence et Sienne recouvertes d'un tapis de neige.

Le Met Office britannique a placé toute l'Angleterre au niveau d'alerte 3, le second niveau le plus critique, tandis qu'en France, environ un quart des départements ont été placé en alerte orange. La neige a même atteint l'île méditerranéenne de la Corse.

A Bruxelles, la statue emblématique de 400 ans qui représente Manneken-Pis, un petit garçon qui urine, a dû être éteinte, par peur que la glace n'endommage les mécanismes internes.