Deux bombes explosent à Sofia avant la présentation d'un rapport de l'UE

Deux bombes artisanales ont explosé hier (19 juillet) devant les bureaux de deux partis de l'opposition à Sofia. Les explosions ont également endommagé les bâtiments voisins, quelques heures seulement avant la présentation aujourd'hui (20 juillet) d'un rapport déterminant de l'UE sur les progrès de la Bulgarie s'agissant de la lutte contre la corruption et le crime organisé.

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Deux bombes artisanales ont explosé hier (19 juillet) devant les bureaux de deux partis de l'opposition à Sofia. Les explosions ont également endommagé les bâtiments voisins, quelques heures seulement avant la présentation aujourd'hui (20 juillet) d'un rapport déterminant de l'UE sur les progrès de la Bulgarie s'agissant de la lutte contre la corruption et le crime organisé.

Une première explosion est survenue dans le centre de Sofia à 3 heures 58, heure locale, devant le siège du parti Ordre, légalité et justice (RZS).

Le RZS est un parti dissident qui a révélé des cas de corruption et de liens présumés entre le premier ministre, Boyko Borissov, et les organisations mafieuses du pays. Toutefois, ce parti est également suspecté de maintenir des liens étroits avec Alexei Petrov, un ancien agent secret antimafia qui a bâti son propre empire. Il est souvent décrit comme l’ennemi le plus puissant de Boyko Borissov, et est surnommé « la Pieuvre ».

Environ vingt minutes plus tard, une seconde explosion a frappé les bureaux du parti d’Ivan Kostov, ancien premier ministre et dirigeant des Démocrates pour une Bulgarie forte, petit groupe de centre-droit affilié au Parti populaire européen.

Ces explosions surviennent un jour seulement après une motion de censure du gouvernement minoritaire de Boyko Borissov déposée hier au parlement bulgare par l’opposition. Cette motion accuse le premier ministre de pour ne pas avoir réussi à adhérer à l’espace Schengen de libre circulation et de ne pas être parvenu à faire appliquer la loi.

Selon certaines rumeurs, ces explosions seraient des coups de publicité fomentés par les partis eux-mêmes. On se souvient d’une explosion similaire, le 10 février, devant les bureaux du Galeria, un tabloïd antigouvernemental aux liens présumés avec Alexei Petrov également.

Galeria est le média qui a publié un ensemble de retranscriptions d’écoutes secrètes de la police, dont certaines montraient Boyko Borissov protégeant certains hommes d’affaires des contrôles douaniers. L’explosion devant les locaux du Galeria s’était produite avant la publication du dernier rapport de suivi à mi-parcours de la Commission.

EURACTIV a obtenu une copie des rapports de suivi avant leur publication aujourd’hui, dans lesquels la Bulgarie est sévèrement critiquée pour tout un ensemble de lacunes et des disfonctionnements de son système de mise en application des lois. En revanche, le rapport relatif à la Roumanie dresse un bilan positif des avancées faites au cours de l’année dernière.

L’un des points où la Roumanie a pris une bonne longueur d’avance sur la Bulgarie est celui de l’adoption de la proposition de loi autorisant la confiscation des biens obtenus de manière illicite par des personnes condamnées à cinq ans d’emprisonnement ou plus. En Bulgarie, le gouvernement n’est pas parvenu à faire passer une loi similaire. La proposition bulgare était en réalité bien plus drastique et aurait permis la confiscation de biens de personnes qui n'auraient pas été condamnées.

Clause de rendez-vous

Le principal élément des rapports semble être une « clause de rendez-vous » : à l’été 2012, soit cinq ans après le début du suivi, la Commission effectuera une « évaluation globale » des progrès réalisés par les pays jusque là, et fera des « propositions appropriées » à la lumière de ces évaluations.

Les médias proches des cercles gouvernementaux en Bulgarie se sont empressés d'interpréter ce rapport comme une indication que la Bulgarie en aurait fini avec le suivi l’année prochaine. Si c'était bel et bien le cas, le pays pourrait alors rejoindre l’espace Schengen de libre circulation. Les Pays-Bas insistent toutefois sur le fait que cette adhésion ne se fera qu'à condition que le pays soit en mesure d’apporter la preuve claire qu’il est à même de faire appliquer ses lois de manière efficace.

Des diplomates ont confié à EURACTIV que dans le cas de la Roumanie, si les progrès se poursuivaient jusqu’en juillet 2012, une décision positive n’était « pas impossible ». Dans le cas de la Bulgarie en revanche, les nombreux problèmes en suspens ne permettent pas d'être aussi optimistes, selon ces mêmes sources.

Plus tard dans la journée, EURACTIV publiera un article détaillé sur les principales conclusions des deux rapports, qui seront officiellement publiés à midi, heure de Bruxelles.