Deux dirigeants roumains pour une seule place au sommet européen

Le nouveau premier ministre roumain, Victor Ponta, s'apprête à participer au sommet européen informel ce mercredi (23 mai), bien que son pays soit habituellement représenté par le président, Traian B?sescu. Si les deux hommes se présentent au sommet, ils devront se partager une chaise, a confié un représentant du Conseil à EURACTIV.

EURACTIV.com

Le nouveau premier ministre roumain, Victor Ponta, s'apprête à participer au sommet européen informel ce mercredi (23 mai), bien que son pays soit habituellement représenté par le président, Traian B?sescu. Si les deux hommes se présentent au sommet, ils devront se partager une chaise, a confié un représentant du Conseil à EURACTIV.

M. Ponta, le chef du parti social-démocrate (PSD), souhaite que le parlement roumain décide qui devrait représenter la Roumanie au sommet de l'UE qui devrait porter sur des mesures axées sur la croissance.

Ces dernières années, la Roumanie a été représentée par M. B?sescu à chaque sommet. M. B?sescu est affilié au Parti populaire européen (PPE) de centre-droit.

Les observateurs estiment que ce conflit entre les deux chefs de file du pays est politiquement motivé. L'opposition de gauche, USL, a renversé le gouvernement nommé par M. B?sescu en avril dernier et M. Ponta a accédé au poste de premier ministre. Son défi sera de conserver ses fonctions à l'issue des élections législatives de novembre.

Selon M. Ponta, le président roumain est compétent en matière de politique étrangère, mais les sommets de l'UE se concentrent de plus en plus sur des aspects économiques.

« Dans la mesure où les décisions de l'UE touchent l'exécutif, elles concernent la politique intérieure ; le premier ministre devrait donc y participer, selon moi. La constitution roumaine ne prévoit pas le droit absolu pour le président ou le premier ministre de participer aux sommets européens », aurait déclaré M. Ponta, cité dans la presse.

« Mercredi à Bruxelles, [les dirigeants] discuteront de la croissance économique et de l'emploi. M. B?sescu n'est pas compétent dans ce domaine, il ne s'y rendra donc que pour manger et faire des blagues », aurait-il ajouté.

Ce sommet de l'UE, qui se tiendra lors d'un dîner, a été convoqué par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans le but de discuter d'initiatives axées sur la croissance pour compléter le traité sur la discipline budgétaire récemment adopté. L'un des moments forts sera la première apparition du nouveau président français, François Hollande, qui souhaite renégocier le pacte budgétaire pour y ajouter une dimension de croissance.

A n'en pas douter, M. Ponta, qui est arrivé au pouvoir deux semaines avant la victoire de M. Hollande en France, souhaitera être présent à cette occasion, ont rapporté les médias roumains.

Dans le même temps, M. B?sescu jouit du soutien du président de la Cour constitutionnelle roumaine, Augusin Zegrean, qui a déclaré que le président devrait continuer à représenter le pays lors des sommets de l'UE. Il a affirmé que toute personne souhaitant trouver une réponse à cette question devrait relire la constitution roumaine. Il n'a toutefois pas donné plus de détails et, en réalité, la constitution n'aborde pas ce problème.

M. Ponta a riposté, clamant que M. Zegrean était un ami de M. B?sescu. Il a assuré qu'il avait abordé le sujet avec le président le 16 mai dernier et que les deux hommes avaient « convenu de ne pas être d'accord » en la matière.

Quant à savoir ce qu'il se passerait si MM. B?sescu et Ponta se rendaient tous deux au sommet, le porte-parole du Conseil, Jesús Carmona, a expliqué à EURACTIV que les deux hommes seraient acceptés à l'entrée, mais qu'il n'y aurait qu'un seul siège pour le représentant de la Roumanie.

« Ils devront décider de qui s'assoira sur la chaise », a déclaré M. Carmona, insistant sur le fait que le Conseil ne jouerait pas le rôle de l'arbitre.

Il a en outre affirmé que l'autre dirigeant roumain ne pourrait pas rester dans la même pièce, même à l'arrière, et qu'il ne pourrait donc pas non plus faire de déclaration.

Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en décembre 2009, les chefs d'Etat et de gouvernement participent seuls aux sommets de l'UE. Ils ne sont donc plus accompagnés de leur ministre des affaires étrangères comme c'était le cas auparavant.  Leurs ambassadeurs et autres collaborateurs observent les débats sur des écrans dans une pièce séparée.