DMA : les concurrents de Google proposent un « choix équitable » des paramètres par défaut

Les directeurs généraux de DuckDuckGo, Ecosia et Qwant ont publié, mardi (5 juillet), une lettre ouverte contenant dix principes sur la manière de permettre aux consommateurs de modifier efficacement leurs paramètres par défaut.

Euractiv.com
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La loi sur les marchés numériques (DMA) obligera les systèmes d’exploitation à donner aux utilisateurs la possibilité de choisir leurs navigateurs web, moteurs de recherche et assistants virtuels par défaut via des écrans de choix. [[Michael Vi/Shutterstock]]

Les directeurs généraux de DuckDuckGo, Ecosia et Qwant ont publié, mardi (5 juillet), une lettre ouverte contenant dix principes sur la manière de permettre aux consommateurs de modifier efficacement leurs paramètres par défaut.

Cette recommandation intervient le jour même où le Parlement européen s’apprête à adopter la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), un règlement historique qui introduira des règles pour les plateformes en ligne les plus importantes, les contrôleurs d’accès (« gatekeepers »).

Parmi les obligations du DMA, les contrôleurs d’accès devront permettre aux utilisateurs de modifier leurs paramètres par défaut pour les assistants virtuels, les navigateurs web et les moteurs de recherche, notamment en présentant un « écran à choix multiples » avec les principaux services disponibles lors de la première utilisation.

Les dix principes proposés par les concurrents de Google visent à garantir que la manière dont ces écrans de choix sont mis en œuvre est équitable et permet un passage efficace entre les différents services.

Pour les trois entreprises technologiques, la possibilité de changer de service doit être gratuite et bien mise en évidence, notamment en l’incluant dans le menu principal. En d’autres termes, les utilisateurs devraient pouvoir changer de service à tout moment, et pas seulement au moment de la mise en service.

En outre, ce sont les systèmes d’exploitation qui devraient proposer périodiquement les écrans de choix aux utilisateurs, par exemple à la suite de mises à jour du système qui pourraient altérer les paramètres par défaut.

Par ailleurs, DuckDuckGo, Ecosia et Qwant ont souligné que le service choisi devrait être appliqué à tous les points d’accès. Par exemple, sur un smartphone, il existe plusieurs façons de lancer une recherche, via l’outil « widget Recherche », le navigateur web ou l’assistant virtuel.

Les trois entreprises ont commencé comme moteurs de recherche, mais ont maintenant développé leurs propres navigateurs web. Elles réclament donc des « critères d’éligibilité fonctionnels », à savoir que la seule raison d’être incluse dans le processus d’écran de choix est la capacité fonctionnelle de l’application.

Pour les entreprises, la modification des paramètres par défaut doit se faire en une seule fois pour les différents points d’accès. En particulier, si le même fournisseur de services propose à la fois un navigateur web et un moteur de recherche, l’utilisateur doit pouvoir passer aux deux services en un seul clic.

La liste des options disponibles sur l’écran de choix doit être basée sur les choix attendus par l’utilisateur, poursuit la lettre. Cela signifie qu’elle doit refléter la réalité du marché, avec les services ayant les parts de marché les plus élevées affichés en haut, les moins populaires en bas, et les membres des deux groupes doivent être affichés dans un ordre aléatoire.

Le DMA prévoit également que les utilisateurs doivent pouvoir supprimer les applications pré-installées, sauf « lorsque ces applications logicielles sont essentielles au fonctionnement du système d’exploitation ou de l’appareil ».

La lettre ouverte avertit que les contrôleurs ne devraient pas être autorisés à exploiter cette disposition en donnant aux moteurs de recherche et aux applications de navigation un statut de « système d’exploitation ». En outre, elle demande qu’un écran à choix multiples apparaisse chaque fois qu’une de ces applications par défaut est désinstallée.

Par ailleurs, les entreprises demandent la mise en place d’un tableau de bord transparent permettant aux services participants de voir les performances de ces écrans de choix sur une base quotidienne, y compris les analyses du comportement des utilisateurs.

La Commission européenne pourra adapter les obligations du DMA à la réalité de services spécifiques sur la base de la procédure dite de dialogue réglementaire.

Ce dialogue est également censé impliquer les représentants des consommateurs et les concurrents, d’où la possibilité d’intégrer ces principes dans le mode de fonctionnement des écrans de choix.