Macron pousse pour une « Europe puissance » face à la Chine et aux États-Unis
Lors de son discours annuel aux ambassadeurs, le président français a plaidé pour le développement d’une politique européenne de puissance, qui doit passer par la construction de l’Europe de la défense et par la protection économique du continent.
Dans « un monde qui se dérègle », et où règne « la loi du plus fort », Emmanuel Macron a expliqué lors de son adresse aux ambassadeurs français réunis à Paris jeudi 8 janvier vouloir éviter la « vassalisation » de la France et de l’Europe.
Le président a donc poussé pour le développement d’une « logique de puissance », la seule capable de défendre les intérêts du continent face aux géants américains et chinois.
Se félicitant des résultats obtenus par la Coalition des volontaires sur le dossier ukrainien, Emmanuel Macron a plaidé pour la poursuite de la construction de « l’Europe de la Défense » et de « l’autonomie stratégique européenne », qui doivent rapidement se traduire au niveau capacitaire. Pour ce faire, les industriels français du secteur sont invités à se trouver de nouveaux débouchés commerciaux sur le marché européen.
Au niveau économique, le président de la République s’est félicité des premières mesures de protection mises en place par la Commission européenne, afin de prévenir la « désindustrialisation totale » du continent. Celles-ci doivent s’accompagner de mesures de simplifications destinées à doper la compétitivité des entreprises européennes, et elles doivent être soutenues par investissements massifs dans les technologies d’avenir.
Le chef de l’État a également appelé à protéger la régulation européenne du secteur de la tech, cible privilégiée de Washington. Les règlements européens sur les services numériques (DSA) et sur les marchés numériques (DMA) « sont deux régulations à défendre, à consolider », a-t-il déclaré.
Quelques heures après le retrait des États-Unis de 66 organisations ordonné par Donald Trump, Emmanuel Macron s’est aussi posé en défenseur du multilatéralisme, qui doit permettre de « maximiser » l’influence de Paris, alors que « beaucoup de pays veulent une mondialisation avec des règles du jeu claires ».
Dans le cadre du G7 sous présidence française, ce multilatéralisme doit permettre de s’attaquer aux déséquilibres commerciaux mondiaux, causés par les droits de douane américains et par l’augmentation exponentielle des exportations chinoises.
L’invité d’honneur de la journée était le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, déjà présent hier à une réunion du Triangle de Weimar. Quelques semaines avant le sommet de la fin du mois entre l’Inde et l’Union européenne, Bruxelles et New Delhi espèrent rapidement signer un nouvel accord de libre-échange.