Donald Trump fustige le bilan des démocrates dans les Balkans, Kamala Harris soutient la Macédoine du Nord
Les équipes des deux candidats à la présidentielle américaine expliquent vouloir lutter contre la corruption dans les Balkans occidentaux, et favoriser l'intégration de la région à l'Union européenne (UE).
Les équipes des deux candidats à la présidentielle américaine expliquent vouloir lutter contre la corruption dans les Balkans occidentaux, et favoriser l’intégration de la région à l’Union européenne (UE).
Quelques heures avant la présidentielle américaine du mardi 5 novembre, les équipes de Donald Trump et de Kamala Harris ont débattu de l’avenir des Balkans occidentaux sur l’antenne macédonienne de la chaîne de télévision Voice of America.
Les représentants des deux candidats ont reconnu, dimanche 3 novembre, que la lutte contre la corruption serait l’une des priorités des cinq prochaines années dans la région.
« La politique de l’administration Biden dans les Balkans a été marquée par l’inaction, par des promesses creuses et par un manque de compréhension des enjeux réels de la région », a de son côté expliqué l’équipe de Donald Trump.
Selon les représentants du candidat républicain, « l’approche passive » de l’administration Biden a bloqué la croissance économique des Balkans occidentaux et a donné à de nombreux pays le sentiment d’être négligés, alors « que les tensions couvent [dans la région] ».
« Une Maison-Blanche dirigée par Donald Trump ne se contentera pas de faire de grandes déclarations sur la démocratie. Elle apportera des résultats réels et visibles, en travaillant avec les dirigeants locaux et les habitants de la région », a continué l’équipe du candidat républicain, ajoutant que ce dernier s’efforcerait de développer l’économie et de favoriser l’intégration de la région dans l’UE.
Un accord entre la Serbie et le Kosovo, négocié par Donald Trump, avait été annoncé en grande pompe en septembre 2020. Des années plus tard, aucun des 16 points de ce dernier n’a été appliqué.
L’équipe de campagne de la candidate démocrate a quant à elle expliqué que Kamala Harris était « pleinement engagée à faire progresser les aspirations euro-atlantiques » de la région, et qu’elle ferait avancer la démocratie, l’État de droit et la lutte contre la corruption.
Les démocrates ont également souligné que les citoyens des pays des Balkans occidentaux avaient le droit d’exprimer librement leur identité nationale, « y compris l’identité macédonienne — et de parler leur langue nationale, y compris la langue macédonienne ».
« Kamala Harris comprend l’importance de ces valeurs pour la communauté macédonienne-américaine », a insisté son équipe. Des déclarations qui devraient plaire aux communautés originaires de Macédoine du Nord implantées aux États-Unis.
L’intégration de la Macédoine du Nord à l’UE est en suspens depuis plusieurs années, en raison du véto des autorités de Sofia, qui exigent l’inscription d’une minorité bulgare dans la Constitution macédonienne. Face à ce blocage, l’adhésion de Skopje a été dissociée de celle de l’Albanie en octobre, et Tirana a entamé des négociations avec l’UE en novembre.
Depuis la victoire des nationalistes du VMRO-DPMNE aux législatives de mai dernier, le gouvernement du Premier ministre macédonien Hristijan Mickoski indique aussi vouloir renégocier le « compromis français », approuvé sous la présidence française du Conseil de l’UE en 2022, afin de mettre fin au litige historique entre Sofia et Skopje — une demande rejetée par l’UE.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ainsi récemment insisté sur le fait que des changements constitutionnels étaient nécessaires pour permettre au pays de poursuivre son chemin vers l’UE.
La Macédoine du Nord, candidate à l’adhésion depuis 2005, avait durant plus de 27 ans été opposée à la Grèce sur le « conflit du nom ». La dispute avait finalement trouvé un épilogue en 2019, après la signature par Athènes et Skopje de l’« accord de Prespa », qui prévoyait le changement du nom du pays en « République de Macédoine du Nord ».
En mai dernier, Hristijan Mickoski a publiquement appelé son pays « Macédoine », violant le principal compromis de l’accord de Prespa, une infraction qui a été qualifiée de « problème majeur » dans un récent rapport de la Commission européenne sur l’état d’avancement du pays.
L’UE a récemment renforcé son aide économique à la région, notamment par le biais du plan de croissance pour les Balkans occidentaux.
Georgi Gotev a contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anna Martino]