Donald Trump veut proposer un accord de paix rapide à Volodymyr Zelensky
L’ancien président américain Donald Trump rencontrera le président ukrainien Volodymyr Zelensky ce vendredi 27 septembre, rencontre pendant laquelle il est probable qu’il réitère ses propos controversés sur un accord de paix rapide avec la Russie.
L’ancien président américain Donald Trump rencontrera le président ukrainien Volodymyr Zelensky ce vendredi 27 septembre, et il est probable qu’il réitère lors de cette entrevue ses propos controversés sur un accord de paix rapide avec la Russie.
S’exprimant devant la Trump Tower à New York, le candidat républicain à la présidence, dans un revirement significatif, a confirmé aux journalistes qu’il rencontrerait le dirigeant ukrainien dans le même bâtiment vendredi matin.
« J’ai hâte de le voir demain », a déclaré Donald Trump, avant d’ajouter : « Je pense que je serai en mesure de conclure un accord entre le président Vladimir Poutine et le président Volodymyr Zelensky assez rapidement ».
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le dirigeant ukrainien au cours de son voyage d’une semaine aux États-Unis pour obtenir le soutien de ce que l’Ukraine a appelé un « plan de victoire », qui sera présenté au président américain Joe Biden, à la vice-présidente et candidate démocrate Kamala Harris et à son opposant Donald Trump.
Les responsables ukrainiens craignent que l’engagement des États-Unis envers leur pays ne s’amenuise à mesure que la guerre se prolonge, et d’autant plus si Donald Trump gagne l’élection présidentielle de novembre et se réinstalle à la Maison-Blanche.
Ces dernières semaines, Kiev a redoublé d’efforts pour obtenir un soutien américain supplémentaire à son effort de guerre, avant ce qui pourrait être l’hiver le plus rude depuis le début de la guerre contre la Russie.
Un accord de paix rapide
Interrogé par les journalistes sur la possibilité que l’Ukraine doive renoncer à certaines parties de son territoire pour parvenir à un accord de paix avec la Russie, une éventualité que l’Ukraine rejette, Donald Trump est resté vague.
« Nous verrons ce qui se passera », a-t-il répondu, avant d’ajouter : « Nous avons besoin de paix. Nous devons mettre fin à la mort et à la destruction ».
En revanche, le candidat républicain a insisté sur le fait qu’il « sera en mesure de conclure un accord […] assez rapidement », une affirmation que le républicain a répétée à de nombreuses reprises au cours des deux dernières années.
Cependant, plus tôt dans la journée de jeudi 26 septembre, lors d’un événement de campagne en Caroline du Nord, Donald Trump avait été plus direct sur le fait qu’il ne soutenait ni l’Ukraine ni Volodymyr Zelensky.
« Nous continuons à donner des milliards de dollars à un homme qui refuse de conclure un accord [de paix], Volodymyr Zelensky », a-t-il expliqué.
Selon lui, Kiev aurait dû « céder un peu » pour apaiser Moscou et éviter que la Russie n’envahisse le pays, ce qui « n’avait pas lieu d’être ».
« Tout accord, même le pire, aurait été préférable à la situation actuelle », a déclaré l’ancien président américain à propos de la destruction de l’Ukraine par la Russie.
Son partenaire de campagne, JD Vance, avait déjà déclaré publiquement qu’il pensait que la Russie pourrait conserver les terres qu’elle occupe actuellement et que l’Ukraine devrait éventuellement oublier l’adhésion à l’OTAN pour mettre fin à la guerre.
La vice-présidente américaine Kamala Harris a qualifié la politique de campagne de Donald Trump de « propositions de capitulation ».
« Ces propositions sont les mêmes que celles de [Vladimir] Poutine, et soyons clairs, ce ne sont pas des propositions de paix […] Au contraire, ce sont des propositions de capitulation, ce qui est dangereux et inacceptable », a-t-elle affirmé ce jeudi.
Une querelle publique
Plus tôt dans la semaine, certains spéculaient sur le fait que Donald Trump pourrait rejeter la demande de rencontre de Volodymyr Zelensky, suite à une querelle publique avec des représentants républicains au sujet d’une visite dans une usine de munitions en Pennsylvanie. Le président républicain de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, avait qualifié ce voyage d’ingérence électorale.
Juste avant d’annoncer la rencontre avec Volodymyr Zelensky, le candidat républicain a posté un message du président ukrainien dans lequel ce dernier lui demandait de le rencontrer, dans le but de « faire un effort pour se comprendre mutuellement ».
Le fait que Donald Trump ait décidé de divulguer publiquement les messages privés alimente la tension qui couve depuis un certain temps entre les deux hommes.
Volodymyr Zelensky cherche depuis longtemps à rencontrer l’ancien président des États-Unis, car ils ne se sont pas vus en personne depuis 2021. Une précédente tentative en juillet dernier, en marge du sommet de l’OTAN à Washington, ne s’était pas concrétisée.
Davantage d’aide américaine pour l’Ukraine
L’acceptation par Donald Trump de la demande de Volodymyr Zelensky est intervenue quelques heures seulement après que le président américain sortant, Joe Biden, a rencontré son homologue ukrainien à la Maison-Blanche à Washington D.C. et a annoncé une nouvelle aide militaire de plus de 8 milliards de dollars pour l’Ukraine.
« J’ai demandé au ministère de la Défense d’allouer à l’Ukraine, d’ici la fin de mon mandat, tous les fonds d’aide à la sécurité qui lui restent », a annoncé Joe Biden, le président ukrainien à ses côtés.
Le nouveau programme d’aide de Washington comprendra la première livraison d’une bombe guidée planante de moyenne portée, appelée « Joint Standoff Weapon » (JSOW), dont la portée peut atteindre 130 kilomètres.
Bien qu’elle ne réponde pas à la demande de l’Ukraine de recevoir des missiles de longue portée pour frapper en profondeur le territoire russe, elle améliore considérablement les capacités de Kiev à frapper les forces russes.
Washington a également indiqué qu’il fournirait à Kiev une batterie de défense aérienne et des missiles Patriot supplémentaires et qu’il étendrait à 18 pilotes ukrainiens de plus les efforts de formation en cours sur les avions de chasse F-16.
Joe Biden a également annoncé qu’il organiserait le mois prochain en Allemagne un sommet du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, qui devrait permettre de coordonner les efforts de plus de 50 pays.
« Mon message est clair : les États-Unis apporteront à l’Ukraine le soutien dont elle a besoin pour gagner cette guerre », a affirmé le président américain sortant.
[Édité par Anna Martino]