Donald Tusk à Bruxelles pour débloquer les fonds de relance de l’UE pour la Pologne

Le chef de l’opposition et potentiel futur premier ministre Donald Tusk était à Bruxelles pour discuter de la possibilité de débloquer les fonds de relance de la Pologne, qui ont été gelés en raison des préoccupations concernant l’État de droit dans le pays.

/ EURACTIV Pologne
Nominated President of the European Commission visits
À Bruxelles, Donald Tusk rencontrera la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. [EPA-EFE/FRANCOIS LENOIR / POOL]

Le chef de l’opposition et potentiel futur premier ministre Donald Tusk était à Bruxelles ce mercredi (25 octobre) pour discuter de la possibilité de débloquer les fonds de relance de la Pologne, qui ont été gelés en raison des préoccupations concernant l’État de droit dans le pays.

Alors que les partis d’opposition polonais ont officiellement déclaré leur volonté de former un gouvernement après leur succès électoral au début du mois, Donald Tusk s’est efforcé de réchauffer les relations avec Bruxelles, mises à mal pendant les huit années durant lesquelles le parti conservateur Droit et Justice (PiS) était au pouvoir. Il a également tenté de convaincre la Commission européenne de débloquer les fonds de l’UE destinés à la Pologne dans le cadre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR).

« C’est une très bonne chose que Donald Tusk veuille se mettre d’accord sur une procédure pour obtenir ces fonds pour la Pologne dès que possible, avant même de prendre le portefeuille de Premier ministre », a confié à Euractiv Pologne Radosław Sikorski, eurodéputé du Parti populaire européen (PPE) issu de la Plateforme civique (PO) de M. Tusk et ancien ministre des Affaires étrangères et de la Défense.

Donald Tusk a récemment été pointé du doigt par le parti au pouvoir pour ne pas avoir tenu la promesse qu’il avait faite lors de l’un de ses rallyes de campagne électorale et qui était de se rendre à Bruxelles et de débloquer le fonds de relance le jour suivant les élections, même si les responsables politiques de l’opposition ont expliqué qu’il s’agissait là d’une métaphore.

Contactée par Euractiv Pologne, Anna Fotyga, eurodéputée du PiS, également ancienne ministre des Affaires étrangères, a refusé de commenter la visite de M. Tusk. Interrogée sur la promesse électorale de ce dernier, elle a déclaré que si elle prêtait attention à de tels propos, elle s’attendrait à ce que des camions chargés d’euros se tiennent à la frontière polonaise. « Et je ne les vois nulle part », a-t-elle conclu avec sarcasme.

À Bruxelles, Donald Tusk rencontre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une rencontre qualifiée par Eric Mamer, porte-parole de la Commission, de « réunion d’introduction ».

« Ravie d’accueillir Donald Tusk aujourd’hui. Le taux de participation record aux élections a montré une fois de plus à quel point les Polonais sont attachés à la démocratie. Nous discuterons de questions importantes pour lesquelles la voix de la Pologne est cruciale », a déclaré la présidente de la Commission en fin de matinée sur X.

Le responsable politique polonais a annoncé aux journalistes avant la rencontre qu’il entendait « reconstruire la position » de son pays « en Europe » et de « renforcer l’UE ».

Selon lui, les élections ont effectivement montré que les électeurs étaient très attachés à la démocratie, mais également à l’État de droit, à la liberté d’expression et à l’unité européenne et que « le climat anti-démocratique et anti-européen ne doit pas nécessairement être une tendance ».

L’ancien président du Conseil européen prévoit également de s’entretenir avec les commissaires européens à l’Économie et au Commerce, Paolo Gentiloni et Valdis Dombrovskis, a indiqué Manfred Weber, chef du PPE, dont le PO de M. Tusk est membre, à la radio privée polonaise RMF FM.

Pour rappel, la Commission européenne a suspendu l’octroi de 35,4 millions d’euros à la Pologne dans le cadre de la FRR, conditionnant le déblocage des fonds à la réalisation de jalons visant à améliorer l’État de droit, ce que le gouvernement polonais a convenu avec Bruxelles. Jusqu’à présent, l’exécutif de l’UE a trouvé que les tentatives du PiS pour atteindre ces objectifs n’étaient pas satisfaisantes.

Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a déclaré au Financial Times au début du mois que le nouveau gouvernement aurait une chance de débloquer les fonds, mais pour cela, des réformes concrètes sont nécessaires, en particulier en ce qui concerne l’indépendance du système judiciaire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]