Dublin obtient le soutien de Paris pour restructurer sa dette

Le renflouement des banques irlandaises s’est fait au détriment de la population, largement mise à contribution. Le pays devrait pouvoir, selon François Hollande, obtenir un ballon d’oxygène.

EURACTIV.fr
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Le renflouement des banques irlandaises s’est fait au détriment de la population, largement mise à contribution. Le pays devrait pouvoir, selon François Hollande, obtenir un ballon d’oxygène.

Depuis les conclusions encourageantes du sommet européen de juin, le gouvernement irlandais cherche par tous les moyens à obtenir un régime de faveur, afin d’alléger le fardeau de sa dette.

« L’Irlande présente un cas spécifique et mérite d’être regardée comme telle », a reconnu François Hollande, à l’issue d’une rencontre, lundi 22 octobre, avec son homologue irlandais, Enda Kenny. Un constat partagé par la chancelière Angela Merkel, qui a publiquement fait connaître sa position la veille dans un communiqué conjoint avec Dublin.

Deux particularités caractérisent l’Irlande. Le plan de sauvetage sur lequel les Européens se sont accordés fin décembre prévoit tout d’abord une participation de l’Etat.

Les retraites pour sauver les banques

Sur les 85 milliards d’euros visant à porter secours au système financier irlandais, 17,5 milliards proviennent de ressources nationales, y compris du fonds de réserve des retraites. Ceci « a aggravé la dette de l’Irlande et l’a obligée à faire un plan rigoureux », a souligné François Hollande.

Entre 2008 et 2011, la dette du pays a bondi de 44,5% à 106,4% du PIB et le déficit a même atteint un pic record de 30,9% du PIB en 2010, ramené à 13,4% l’an dernier.

Avant que le pays ne bénéficie d’appuis extérieurs, d’importantes dépenses ont été réalisées au profit de l’Anglo-Irish bank, nationalisée en 2009. L’aide avait à l’époque été fournie grâce au concours de la banque centrale irlandaise, qui a eu l’autorisation exceptionnelle de faire tourner la planche à billets.

La Banque centrale européenne lui a donné la permission, mais a imposé, en contrepartie, que l’argent injecté soit remboursé à l’institut d’émission irlandais, afin de neutraliser le risque d’inflation. Aujourd’hui, le pays essaye de négocier un assouplissement du dispositif avec la BCE, pour le moment sans succès. 

Croissance et emploi

Les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter de solutions potentielles : application rétroactive de la recapitalisation directe des banques par le mécanisme européen de stabilité, étalement des remboursements, etc.

Aucun calendrier n’est arrêté pour le moment, mais les discussions ne manqueront pas d’animer la présidence irlandaise de l’UE, au premier semestre 2013. Enda Kenny promet qu’elle sera placée sous le signe de la «croissance et de l’emploi », ce qui renforce l’effort de convergence entre Paris et Dublin. Les deux partagent également une vision commune sur le budget européen et la défense de la politique agricole commune.