Économie, questions migratoires, conflits : les promesses de campagne de Donald Trump
Le républicain Donald Trump s’est assuré un second mandat présidentiel à la suite de l’élection de mardi 5 novembre, en s’appuyant sur des promesses et des engagements concernant la migration, l’économie, ou encore les conflits mondiaux.
Le républicain Donald Trump a été réélu à la présidence américaine, mais quelles étaient ses promesses concernant l’économie, les questions migratoires ou les conflits mondiaux ? Euractiv fait le point.
Peu après l’annonce de la victoire de Donald Trump mercredi 6 novembre, le président ukrainien Volodomyr Zelensky a publiquement félicité sur X son nouvel homologue américain, qualifiant l’évènement d’« impressionnante victoire électorale ». Il a ajouté qu’il appréciait l’approche du républicain concernant « la paix par la victoire », déclarant que c’est exactement ce qu’il fallait à l’Ukraine.
En 2023, Donald Trump avait assuré qu’il pourrait mettre fin à la guerre entre Kiev et Moscou en 24 heures, sans toutefois préciser comment il s’y prendrait concrètement. Lors d’un débat face à Kamala Harris en septembre, il avait déclaré : « C’est une guerre qui meurt d’envie d’être réglée. Je la réglerai avant même de devenir président ».
Donald Trump devrait être investi en janvier 2025, ce qui lui laisse deux mois pour tenir cet engagement. Malgré de multiples demandes d’éclaircissement sur le sujet, il s’est toujours refusé à expliquer comment il parviendrait à mettre fin au conflit.
Garantir la paix au Moyen-Orient
La guerre menée par Israël à Gaza, les attaques meurtrières au Liban et leurs conséquences humanitaires dévastatrices ont été un sujet majeur de la campagne présidentielle aux États-Unis.
Donald Trump n’a pas caché son soutien à Israël. En mai 2024, il avait déclaré à un groupe de donateurs juifs qu’il allait réprimer les manifestations pro-Palestine organisées sur les campus américains. En octobre, il a indiqué à des membres de la communauté juive américaine qu’il ne « permettrait pas un nouvel Holocauste ».
Il a également assuré qu’il chercherait à expulser les manifestants qui font partie d’une « révolution radicale » et qu’il ferait « reculer ce mouvement de 25 ou 30 ans », louant l’action de la police qui a expulsé des manifestants pro-Palestine de l’Université de Columbia au début de l’année.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a qualifié la victoire de Donald Trump de « plus grand comeback de l’histoire » et a annoncé qu’elle offrait un « nouveau départ pour le réengagement de la grande alliance entre Israël et l’Amérique ».
Donald Trump a promis à plusieurs reprises de mettre fin rapidement à la guerre, mais, comme dans le cas de la guerre Ukraine-Russie, n’a jamais donné plus de détails.
Les questions migratoires
Les questions migratoires ont toujours été un élément central des discours de Donald Trump. Les controverses sur son fameux mur à la frontière avec le Mexique, sa politique de séparation des familles et les enfermements de migrants ont notamment marqué son précédent mandat à la Maison-Blanche.
En septembre, le milliardaire américain a annoncé qu’il ciblerait les migrants dans le Colorado et l’Ohio.
L’un de ses porte-paroles a expliqué à l’Associated Press que Donald Trump « mobiliserait tous les pouvoirs fédéraux et étatiques nécessaires pour lancer la plus grande opération de déportation de criminels illégaux, de trafiquants de drogue et de trafiquants d’êtres humains ».
Il affirme qu’il ciblera les quelque 11 millions de sans-papiers qui vivent actuellement aux États-Unis en procédant à des raids généralisés sur leurs lieux de travail, en faisant appel à l’armée, et en déployant des troupes à la frontière mexicaine.
Les sans-papiers devraient faire l’objet d’une expulsion accélérée sans passer par le processus habituel d’audition juridique, a-t-il ajouté.
Donald Trump a également déclaré que les migrants qui entrent aux États-Unis « empoisonnent le sang de notre pays » et s’est engagé à construire de nouveaux camps de détention pour les immigrés en attente d’expulsion, qui seraient également supervisés par l’armée.
Enfin, le vainqueur du scrutin présidentiel de mardi a annoncé qu’il étendrait et renforcerait le mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Sous sa précédente présidence, quelque 800 kilomètres de mur ont été construits le long des 35 000 kilomètres de frontière.
En juillet, Donald Trump a promis d’« achever le mur frontalier », en réorientant des fonds militaires pour accélérer la construction. Il a également indiqué au Mexique qu’il imposerait des droits de douane de 25 % à 100 % sur toutes ses marchandises si les flux migratoires n’étaient pas endigués.
Revenir sur les mesures d’incitation en faveur des véhicules électriques ?
Donald Trump n’a pas hésité à critiquer la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act, IRA) — qui mobilise plusieurs centaines de milliards de dollars sur dix ans afin de soutenir l’industrie verte — ainsi que d’autres politiques écologistes mises en œuvre sous la présidence de Joe Biden.
Lors d’un meeting en septembre 2023, le républicain avait affirmé que les mesures en faveur des véhicules électriques mises en place par Joe Biden « signeraient l’arrêt de mort de l’industrie automobile américaine ».
Les responsables de sa campagne ont annoncé au Financial Times qu’il réduirait les dépenses consacrées aux crédits d’impôt de l’IRA, car leur coût réel est « largement sous-estimé ».
Donald Trump cherchera donc à supprimer le crédit d’impôt de 7 500 dollars pour les véhicules électriques, affirmant que, dans le cas contraire, les contribuables américains risqueraient de devenir la tirelire de la Chine.
« Les crédits d’impôt et les incitations fiscales ne sont généralement pas une très bonne chose », a expliqué Donald Trump à Reuters, avant d’ajouter toutefois qu’il ne prenait « aucune décision définitive à ce sujet ».
Dans la foulée, il a annoncé qu’il envisagerait de confier à Elon Musk, le patron du producteur de véhicules électriques Tesla, un rôle de conseiller ou de ministre. « C’est un homme très intelligent. Je le ferais certainement, s’il le voulait », a confié Donald Trump.
Durcir le ton vis-à-vis de la Chine
Le protectionnisme fut un élément clé de la campagne de Donald Trump. Ce dernier s’est engagé à revitaliser le secteur manufacturier américain en réduisant la charge fiscale des entreprises du pays, en augmentant les embauches et en accélérant la production.
Il a également promis d’augmenter les droits de douane sur les importations — entre 60 % et 100 % sur les produits chinois et 10 % ou 20 % sur les produits importés d’autres pays.
« Nous devons [augmenter les droits de douane] », a-t-il déclaré lors d’une interview sur Fox News, ajoutant que « ce sera peut-être même plus que cela ».
En février, le républicain s’est engagé à imposer des « sanctions sévères à la Chine et aux autres pays qui commettent des abus commerciaux », dans une logique d’arroseur arrosé.
Après la victoire de Donald Trump, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré : « Nous continuerons à aborder et à gérer les relations entre la Chine et les États-Unis sur la base du respect mutuel, de la coexistence pacifique et de la coopération gagnant-gagnant ».
[Édité par Anna Martino]