Élections 2024 : l’eurodéputé Nicolae Ștefănuță entend incarner une écologie « crédible » en Roumanie
L’eurodéputé roumain Nicolae Ștefănuță a annoncé qu’il se présenterait en tant que candidat indépendant aux élections européennes « pour obtenir une victoire pour la famille écologiste en Roumanie », tout en s’opposant au parti écologiste dominant dans le pays, qui manque selon lui de « crédibilité ».
À l’approche d’une année électorale chargée, l’eurodéputé roumain Nicolae Ștefănuță a annoncé qu’il se présenterait en tant que candidat indépendant aux élections européennes « pour obtenir une victoire pour la famille écologiste en Roumanie », tout en s’opposant au parti écologiste dominant dans le pays, qui manque selon lui de « crédibilité ».
2024 sera une année électorale chargée en Roumanie, avec les élections européennes et locales de juin et de septembre et l’élection présidentielle de novembre.
Les élections européennes « donnant le ton » pour le reste, il est essentiel d’obtenir de bons résultats — sinon, « vous n’existez pas pour le reste de l’année » et vous risquez la mort politique, a expliqué Nicolae Ștefănuță à Euractiv lors d’un entretien.
En mars, l’eurodéputé a quitté son parti national, l’Union sauvez la Roumanie (USR), ainsi que le groupe auquel il appartenait au Parlement européen, Renew Europe. Il a ensuite rejoint les Verts/ALE, devenant ainsi le deuxième Roumain à avoir jamais intégré le groupe des Verts au sein de l’hémicycle.
À sept mois des élections européennes, il a décidé de se présenter en tant que candidat indépendant dans l’espoir de faire entendre la voix des écologistes en Roumanie. Jusqu’à présent, les écologistes ont été peu présents dans le pays, ne disposant pas de représentation parlementaire et ne figurant pas dans les sondages.
« Mon plan est que la croissance se produise de cette manière, une candidature indépendante qui montre que nous existons » et qu’il est possible d’avoir plus de place, a-t-il expliqué.
M. Ștefănuță, qui se présentera en tant qu’indépendant pour bénéficier du seuil inférieur de 2,5 % (au lieu de 7 %) de voix nécessaire pour pouvoir disposer de sièges, a rejeté l’idée de se présenter en coalition avec Volt Roumanie et deux micro-partis écologistes (ACUM et Sens). L’accord de coalition devrait cependant être revu en 2024.
« J’essaie aussi d’être réaliste parce que je veux vraiment obtenir une victoire pour la famille écologiste en Roumanie », a-t-il déclaré.
Il a catégoriquement nié la possibilité de rejoindre le parti paneuropéen Volt, contrairement à sa collègue eurodéputée libérale Sophie in’t Veld, qui avait rejoint la liste électorale de Volt Belgique pour les élections européennes après avoir été écartée par Volt Pays-Bas.
Une fois qu’il aura regagné son siège au Parlement européen, il souhaite « commencer à travailler sur un véritable projet d’unité, en tant qu’alliance ou parti » pour construire en Roumanie une plateforme écologiste qui serait « crédible », avec des partenaires partageant les mêmes idées.
« Je compte utiliser cette potentielle victoire [aux élections européennes] pour la faire valoir aux élections locales ensuite, pour l’utiliser pour d’autres élections parce qu’elles se succèdent toutes », a-t-il ajouté.
Les écologistes traditionnels manquent de crédibilité
M. Ștefănuță estime que le parti écologiste traditionnel du pays (Partidul Verde – Verzii), qui est affilié au Parti vert européen (PVE), n’est pas légitimement écologiste, arguant qu’il a perdu — comme le reste des forces politiques traditionnelles — sa crédibilité auprès des citoyens.
« Ce parti n’est pas considéré comme légitimement écologiste aux yeux du public ; il existe depuis plus de dix ans et n’a jamais réussi à s’exprimer réellement sur les questions environnementales », a-t-il déclaré.
Une autre raison de prendre ses distances avec les écologistes traditionnels est un « conflit interne » qui a touché le parti plus tôt cette année.
En mai, le Partidul Verde – Verzii a démis de leurs fonctions deux de ses coprésidents, Marius Lazar et Lavinia Cosma, accusés d’avoir manigancé la prise de contrôle du parti pour servir les intérêts du Parti social-démocrate roumain (PSD/Socialistes et Démocrates européens), a rapporté le site d’information G4media.ro.
Parallèlement, le parti a accusé son secrétaire général, Silviu Dimitru, de vouloir collaborer avec le parti d’extrême droite Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) et de tentatives de prise de contrôle. La querelle s’est poursuivie avec des actions en justice.
M.Ștefănuță a également critiqué le fait que le parti se concentre sur l’environnement sans parler des questions sociales.
« J’ai besoin de crédibilité pour les citoyens, et j’ai besoin que ces derniers sachent que nous respectons, par exemple, les droits LGBT, parce que certains des anciens partis [écologistes] qui ont été ici ont une sorte d’écologie nationaliste, que je n’aime pas particulièrement », a-t-il souligné.
« Galvaniser » la jeunesse
M. Ștefănuță, qui a besoin de 100 000 signatures pour se présenter, prévoit de cibler le jeune public « qui n’est pas représenté » et se préoccupe des questions sociales et économiques telles que le logement, le chômage, les droits LGBTQIA+, la sexualité, l’identité, la santé mentale et le changement climatique.
Ces préoccupations « ne se recoupent pas avec le reste de la population, avec les générations plus âgées », ce qui est un « problème » mais aussi « une opportunité », a-t-il déclaré.
« J’ai l’intention de galvaniser les jeunes et de les représenter », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « J’entends beaucoup de jeunes me dire qu’ils veulent quelqu’un qui représente les valeurs progressistes ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]