Élections européennes : l’appel à l’abandon du système de tête de liste suscite l’émoi en Allemagne
L’appel du parti conservateur bavarois CSU en faveur de l’abandon du principe de tête de liste lors des élections européennes de l’année prochaine a suscité beaucoup d’émoi en Allemagne, où le système a souvent été considéré comme le Saint-Graal de la démocratie.
L’appel du parti conservateur bavarois CSU en faveur de l’abandon du principe de tête de liste lors des élections européennes de l’année prochaine a suscité beaucoup d’émoi en Allemagne, où le système a souvent été considéré comme le Saint-Graal de la démocratie.
L’Allemagne est depuis longtemps l’un des plus ardents défenseurs du système de tête de liste (Spitzenkandidatensystem) afin de re rendre les élections européennes plus démocratiques.
Cependant, de nombreux conservateurs ont été pris au dépourvu après que le chef de la CSU au Bundestag, Alexander Dobrindt, a déclaré au Funke Media Group que les élections européennes ne devraient pas être liées à « la prétention à la présidence de la Commission européenne ».
« Nous avons besoin de plus de démocratie en Europe, pas de moins », a commenté Hildegard Bentele, eurodéputée allemande de la CDU, sur Twitter.
Le système de tête de liste est inscrit dans les statuts du Parti populaire européen (PPE), dont la CSU et la CDU sont membres, mais il permettrait techniquement d’avoir plus d’un candidat en même temps.
Cette situation permettrait à la CSU de donner plus d’importance à ses propres membres pendant les élections, en particulier au chef du PPE, Manfred Weber.
« Même s’il n’y aura pas de candidat tête de liste unique, la personnalisation jouera toujours un rôle majeur dans les élections européennes », a expliqué à EURACTIV Tobias Winkler, membre CSU de la commission des Affaires européennes au Bundestag.
« M. Weber sera certainement l’une des principales personnalités de la campagne à venir. Il jouera un rôle central durant la campagne électorale de l’UE en Bavière, où il est bien connu », a-t-il ajouté.
Bien que la présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen, n’ait pas encore annoncé qu’elle se représenterait, on s’attend généralement à ce qu’elle dirige le PPE lors des prochaines élections.
Toutefois, M. Weber a clairement indiqué dans une interview accordée au Berliner Morgenpost en janvier qu’il n’envisageait pas de se représenter en tant que candidat tête de liste et qu’il préférait qu’Ursula von der Leyen ou Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, soient en lice pour ce poste.
M. Weber, le candidat tête de liste du PPE lors de la précédente campagne électorale européenne en 2019, a été mis sur la touche en faveur de Mme von der Leyen, enterrant ainsi le système des Spitzenkandidaten. Il s’agit d’un événement dont la CSU se souvient et qui a vu le parti reprocher au Parlement européen d’avoir cédé à la pression des États membres.
« Le système des Spitzenkandidaten a été torpillé et donc remis en question par le Parlement lui-même lors des dernières élections », a confié à EURACTIV Alexander Radwan, membre de la commission des Affaires européennes au Bundestag.
Les prochaines élections européennes seront l’un des sujets brûlants vendredi (5 mai) lorsque les principaux responsables politiques du PPE se réuniront pour l’assemblée politique à Munich.