Élections européennes : l’extrême droite italienne s’oppose à la candidate de La Gauche allemande

La Ligue du vice-premier ministre italien et le parti Frères d’Italie de la Première ministre se sont opposés à la nomination de l’activiste allemande de l’ONG Sea Watch, Carola Rackete, comme candidate du parti de La Gauche allemande pour les élections européennes de 2024.

EURACTIV Italie
Rome
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le vice-premier ministre italien, Matteo Salvini. [[EPA-EFE/GIUSEPPE LAMI]]

La Ligue (Identité et Démocratie) du vice-premier ministre Matteo Salvini et le parti Frères d’Italie (Conservateurs et Réformistes européens) de la Première ministre Giorgia Meloni se sont opposés à la nomination de l’activiste allemande de l’ONG Sea Watch, Carola Rackete, comme candidate du parti de La Gauche allemande pour les élections européennes de l’année prochaine en raison de l’arrestation de cette dernière en 2019 en Italie après une mission de sauvetage en mer.

En vue des élections européennes de juin 2024, le parti de La Gauche allemande a présenté la candidature de Carola Rackete, activiste des droits humains et capitaine pour Sea Watch, l’ONG qui opère en Méditerranée afin de sauver les migrants naviguant de l’Afrique du Nord vers les côtes italiennes.

En 2019, Mme Rackete avait été arrêtée en Italie pour avoir éperonné un patrouilleur de la Garde des finances lors d’une mission de sauvetage ainsi que pour avoir accosté sur la côte italienne sans autorisation. En effet, les autorités italiennes n’avaient pas autorisé le navire et les migrants à bord à débarquer, mais Mme Rackete avait ignoré l’interdiction et accosté malgré tout sur l’île de Lampedusa, au large de la Sicile, en écrasant au passage contre un quai le patrouilleur italien qui tentait de l’en empêcher.

Les représentants de la Ligue ont rapidement commenté la candidature de Mme Rackete en Allemagne, à commencer par M. Salvini, qui a ironiquement souhaité à Mme Rackete de réussir sa campagne.

« De l’éperonnage de patrouilleurs de la Garde des finances italienne à une candidature avec la gauche, il n’y a qu’un pas. Bonne chance, vive la démocratie ! », a-t-il écrit sur Twitter.

L’eurodéputé Marco Zanni, président du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen, a également utilisé la candidature de Mme Rackete pour motiver les électeurs italiens à prendre leurs distances avec la « gauche radicale ».

« Elle a éperonné un patrouilleur […] et n’a pas respecté l’interdiction de la police italienne. Aujourd’hui, elle a annoncé sur Twitter qu’elle se présentera au Parlement européen avec la gauche radicale allemande — cela ne fait aucun doute. Je sais à qui m’en tenir : la Ligue de M. Salvini et l’Italie. Et vous ? » a écrit M. Zanni sur les réseaux sociaux.

Son message a également été repris par le président du groupe de la Ligue à Bruxelles, Marco Campomenosi.

« S’il en était besoin, nous avons aujourd’hui une nouvelle preuve que l’environnementalisme extrémiste et l’“immigrationnisme” sont les deux faces d’une même pièce. Mais les Italiens répondront l’année prochaine par leur vote et ils se feront entendre », a-t-il déclaré.

De même, le parti de la Première ministre Giorgia Meloni, du parti Frères d’Italie, s’est vigoureusement prononcé contre la candidate de La Gauche allemande.

Carlo Fidanza, président de la délégation des Frères d’Italie au Parlement européen a déclaré : « Entre un patrouilleur éperonné et un déchargement d’immigrés clandestins, elle est en passe de devenir la nouvelle championne du progressisme en se présentant pour l’ultragauche en Allemagne aux prochaines élections européennes. Encore une fois : le 9 juin 2024 sera un référendum : soit l’Europe de Mme Rackete, soit notre Europe. À vous de choisir ».

L’activiste se présentera en deuxième position sur la liste nationale de La Gauche, juste en dessous de Martin Schirdewan, co-président du parti et député au Parlement européen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]