Elections françaises : Le suspense va croissant en Europe [FR]

Les dirigeants européens sont nerveux à l'égard du second tour des présidentielles françaises, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proposant deux politiques européennes tout à fait différentes.

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Les dirigeants européens sont nerveux à l’égard du second tour des présidentielles françaises, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal proposant deux politiques européennes tout à fait différentes.

  • Economie :

Nicolas Sarkozy, perçu comme un homme capable de mener à bien les réformes nécessaires pour relancer l’économie française pourrait être le candidat favori de la Commission européenne à tendance conservatrice contre Ségolène Royal, en faveur d’une revalorisation du SMIC et des 35h. Cependant, les récentes déclarations protectionnistes, dans lesquelles N. Sarkozy a promis de défendre les entreprises françaises contre les OPA étrangères et où il a mis sur le compte d’un euro fort les malheurs de l’économie française, ont provoqué le désarroi à la Commission et à la Banque centrale européenne.

  • Constitution :

Nicolas Sarkozy, est largement perçu à Bruxelles comme le candidat le plus susceptible de s’entendre rapidement avec la présidente actuelle de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel, sur un « mini-traité » remplaçant la constitution européenne actuellement dans l’impasse et rejetée par les électeurs français en 2005. En effet, S. Royal, qui a appelé à la négociation sur un nouveau traité qui serait soumis à un nouveau référendum, pourrait compromettre les plans de la chancelière allemande de présenter une feuille de route significative pour résoudre la crise constitutionnelle de l’UE au cours de ses six mois à la tête de l’UE.

  • Turquie :

Sur ce dossier, c’est S. Royal, plus ouverte à l’immigration et à l’élargissement de l’Europe à la Turquie, qui semble la plus proche des ambitions officielles de la Commission. N. Sarkozy, en revanche, s’oppose à la poursuite de l’élargissement européen, déclarant que l’identité de l’Europe en serait affaiblie et que l’UE deviendrait une institution impossible à gérer. Il soutient en revanche une « Union méditerranéenne » sur le modèle de l’Union européenne qui engloberait la Turquie et d’autres pays musulmans.