Élections italiennes anticipées en vue

L’Italie se prépare à des élections anticipées alors que la scène internationale s’inquiète de plus en plus de la crise politique. Silvio Berlusconi, l’ancien premier ministre, a retiré la semaine dernière son soutien au gouvernement technocratique de Mario Monti. Ce dernier a annoncé samedi (8 décembre) qu’il envisageait de démissionner dès que le prochain budget est approuvé.

EURACTIV.com
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L’Italie se prépare à des élections anticipées alors que la scène internationale s’inquiète de plus en plus de la crise politique. Silvio Berlusconi, l’ancien premier ministre, a retiré la semaine dernière son soutien au gouvernement technocratique de Mario Monti. Ce dernier a annoncé samedi (8 décembre) qu’il envisageait de démissionner dès que le prochain budget est approuvé.

 

 

 

 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a indiqué qu'une nouvelle crise financière menaçait toujours l'Italie, malgré l'amélioration de la confiance des marchés depuis quelques mois.

 

« Ces prochaines élections ne doivent pas être un prétexte pour mettre en question des mesures qui sont vraiment indispensables », a-t-il expliqué. « Le calme relatif sur les marchés ne signifie pas que nous sommes sortis de la crise. »

 

Contre toute attente, Mario Monti, un ancien commissaire européen de 69 ans, a contre attaqué le Parti de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, après une réunion avec le président italien, Giorgio Napolitano. Il a indiqué qu'il démissionnerait dès que le budget pour 2013 serait voté.

 

Le vote était déjà prévu pour la fin du mois d'avril et la décision de M. Monti l'avancera sans doute à février. Cette décision pourrait toutefois perturber les marchés, surtout depuis que Silvio Berlusconi a annoncé son attention de briguer un cinquième mandat en tant que premier ministre.

 

Berlusconi n'y arrivera pas selon des sondages

 

M. Berlusconi a été contraint de démissionner au cours d'une crise croissante de la dette de la zone euro alors que son gouvernement reportait les mesures nécessaires, sur fond de scandale sexuel impliquant des prostituées lors de ses soirées « bunga bunga ».

 

Des sondages d'opinion indiquent que les chances du milliardaire de 76 ans seraient faibles. Pier Luigi Bersani du Parti démocratique (PD) de centre-gauche semble être la seule alternative réaliste. La campagne pourrait toutefois renouveler l'incertitude quant à l'engagement de l'Italie à mener des réformes.

 

M. Monti restera premier ministre par intérim jusqu'à la prestation de serment du gouvernement, qui pourrait avoir lieu en mars.

 

Les intentions de M. Monti sont inconnues. Après un entretien avec Mario Monti, Ferruccio de Bortoli, l'éditeur du Corriere della Sera, un quotidien italien important, a écrit dimanche : « Il est évident qu'il se sent libre de décider. Il y pense. Beaucoup l'incitent à agir. »

 

L'incertitude mine la confiance ?

 

Dans le même temps, l'incertitude politique pourrait assombrir les marchés. Le baromètre principal de la confiance des investisseurs, le taux de l'obligation du secteur public à échéance de dix ans, s'est maintenu à 4,5 % à la fin de la semaine dernière.

 

Ce sont 323 points supplémentaires par rapport au taux de l'équivalent allemand à faible risque, mais bien en dessous du pic de 7,3 % enregistré l'année dernière lorsque l'écart avec les Bunds allemands était de 550 points.

 

Érik Nielsen, l'économiste en chef d'UniCredit, une banque italienne importante, a déclaré au Financial Times qu'il s'attendait à un mouvement vendeur sur les obligations italiennes lors de l'ouverture des marchés lundi, suivi d'une pression sur la prochaine émission jeudi (13 décembre), et d'une certaine volatilité dans les deux prochains mois.

 

M. Bersani a promis de respecter les promesses de discipline budgétaire faites par le gouvernement actuel aux partenaires européens du pays. Il a également indiqué que M. Monti continuerait sans doute à jouer un rôle après l'élection.

 

Mario Monti est arrivé au pouvoir à l'apogée de la crise financière il y a un an. Il est généralement admis qu'il a restauré la crédibilité de l'Italie auprès des investisseurs et des partenaires européens après l'ère de Silvio Berlusconi teintée de scandales.

 

À Cannes ce week-end, M. Monti a tenté de rassurer les partenaires européens et internationaux de l'Italie en indiquant qu'il ne prévoyait aucun relâchement de ses réformes, malgré le ressentiment croissant face à ses augmentations des impôts et ses coupes dans les dépenses. Il a toutefois annoncé que la montée du populisme et les « promesses illusoires » l'inquiétaient, une allusion voilée à Silvio Berlusconi et au parti contestataire Mouvement 5 étoiles, devant le PDL dans certains sondages.