Élections italiennes : de nombreuses promesses sur l’énergie et le climat
Dans cet article, EURACTIV se penche sur les promesses des partis politiques italiens en matière d’énergie et de climat. Vous saurez tout de leurs programmes avant les élections italiennes prévues pour le 25 septembre prochain.
Dans cet article, EURACTIV se penche sur les promesses des partis politiques italiens en matière d’énergie et de climat. Du tout premier programme nucléaire du pays à un projet d’électricité 100 % renouvelable, vous saurez tout de leurs programmes avant les élections italiennes prévues pour le 25 septembre prochain.
Quel été pour l’Italie ! Le pays, qui fait actuellement face à des épisodes de sécheresses et de canicules, se prépare à une élection générale tout en essayant de réduire sa dépendance au gaz russe et en gardant un œil sur son futur bouquet énergétique.
Les partis politiques ont déjà fait de grandes promesses en matière d’énergie, notamment celles d’investir massivement dans les énergies renouvelables, les centrales nucléaires de quatrième génération et un nouveau système de « superbonus » pour la rénovation des bâtiments afin de les rendre économes en énergie.
Coalition de droite : nucléaire, énergies renouvelables et production de gaz dans le pays
La coalition de droite en particulier — composée du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, de la Lega de Matteo Salvini et des Frères d’Italie, un parti d’extrême droite dirigé par la favorite dans les sondages, Giorgia Meloni — mise pour sa part sur l’énergie nucléaire, surfant sur la vague de sa récente inclusion dans la taxonomie verte de l’UE.
Les Italiens ont rejeté l’énergie nucléaire à deux reprises auparavant : une première fois lors d’un référendum organisé en 1987 à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, et une seconde fois en 2011 après l’accident de Fukushima.
Cependant, la coalition de droite estime que cela vaut la peine d’essayer à nouveau.
« L’Italie est le seul grand pays du monde qui dit non au nucléaire par idéologie, et non en tenant compte des données scientifiques », a déclaré le leader de la Lega, Matteo Salvini le 9 août. « En sept ans, le temps qu’il faut pour construire une centrale nucléaire, nous pourrions produire de l’énergie à un coût inférieur à celui observé aujourd’hui. »
Faisant écho à M. Salvini, le leader de la Forza Italia, Silvio Berlusconi, a évoqué une accélération du développement des réacteurs nucléaires de génération IV, qui peuvent « nous fournir une énergie propre et sûre en grande quantité à l’avenir ».
Outre l’énergie nucléaire, la coalition de droite suggère également d’investir dans les énergies renouvelables et dans l’exploration et la production nationale de gaz naturel, ainsi que dans les usines de production d’hydrogène et de valorisation des déchets.
À gauche, on est contre le nucléaire et pour les énergies renouvelables
De l’autre côté de l’échiquier politique, le Parti démocratique (PD) d’Enrico Letta, qui suit de près les Frères d’Italie dans les sondages, parle d’une accélération de la construction d’usines de regazéification pour les importations de gaz naturel liquéfié (GNL), « dont l’utilisation semble nécessaire » dans le contexte de la baisse des approvisionnements en gaz en provenance de Russie.
Toutefois, M. Letta affirme que le GNL ne sera qu’une solution temporaire. Selon le programme du parti de centre gauche, les usines de regazéification ne devraient rester en service que quelques années seulement avant d’être démantelées avant 2050 « afin de ne pas entraver la perspective de la transition écologique ».
Dans son programme, le PD définit la transition écologique comme une opportunité pour l’économie du pays. Il rejette l’énergie nucléaire « parce que le calendrier et les technologies existantes sont incompatibles avec une réduction significative des émissions d’ici 2030 et ne permettent pas de résoudre les défis environnementaux qui y sont liés ».
À cette fin, M. Letta propose un plan national d’économies d’énergie et des mesures destinées à augmenter radicalement la part des énergies renouvelables produites en Italie, également par le biais du développement de communautés énergétiques dirigées par les citoyens, avec pour objectif d’installer 85 GW d’énergies renouvelables supplémentaires d’ici 2030.
Plus à gauche, l’alliance entre les Verts et le parti de la Gauche italienne semble tout miser sur les énergies renouvelables. Dans leur programme, ils proposent de réorganiser le réseau électrique et son marché pour les rendre aptes à fournir « une électricité 100 % renouvelable », en augmentant la production d’électricité renouvelable à 15 GW par an.
Tout en rejetant l’énergie nucléaire, ils proposent une « démocratie énergétique », mise en œuvre par une économie de partage de l’énergie avec la création de communautés énergétiques dirigées par des citoyens eux-mêmes.
Parallèlement, le Mouvement 5 étoiles, dirigé par l’ancien Premier ministre italien Giuseppe Conte, qui se présentera seul aux élections politiques, a exprimé son opposition à de nouveaux forages gaziers et incinérateurs de déchets.
À la place, il propose de construire des centrales électriques « totalement compatibles avec les exigences européennes et non polluantes, dans le but d’améliorer les performances environnementales » du pays. Parallèlement, ils appellent à réduire la charge administrative afin d’accélérer les projets d’énergie renouvelable.
Les centristes soutiennent eux aussi le nucléaire et les énergies renouvelables
Enfin, la coalition centriste dite « Troisième Pôle » soutient fermement l’énergie nucléaire, seul moyen selon elle d’atteindre l’objectif de zéro émission en Italie.
Les partis centristes, menés par l’Azione de Carlo Calenda et Italia Viva de Matteo Renzi, souhaitent renforcer la diversification de l’approvisionnement en gaz afin de réduire la dépendance aux importations russes. Ils sont également favorables à la construction d’usines de regazéification du GNL ainsi qu’à davantage d’investissements dans les énergies renouvelables.
Les électeurs italiens ont là des propositions et des promesses ambitieuses, mais ces dernières devront toutefois se montrer à la hauteur des engagements pris aux niveaux européen et international.