Élections slovaques : les réseaux sociaux « passifs » aux requêtes anti-désinformation
Les demandes des autorités slovaques pour que Meta supprime les contenus trompeurs et mensongers avant les élections de fin septembre ont reçu une réponse inadéquate et inefficace, selon un rapport.
Les demandes des autorités slovaques pour que Meta supprime les contenus trompeurs et mensongers avant les élections de fin septembre ont reçu une réponse inadéquate et inefficace, selon un rapport sur la désinformation du Centre de lutte contre les menaces hybrides du ministère de l’Intérieur slovaque, qui appelle également à trouver une solution à l’échelle de l’UE pour forcer Telegram à se conformer à des demandes similaires.
Pour rédiger son rapport, le Centre du ministère a observé les plateformes Meta (Facebook), YouTube, TikTok et Telegram entre mai et septembre 2023. Le Centre a transmis les contenus trompeurs et mensongers au Conseil slovaque des services médiatiques, en demandant aux plateformes de les retirer.
« Malgré les déclarations des représentants des réseaux sociaux et des plateformes en ligne sur leur volonté d’empêcher l’influence des élections par la diffusion de désinformation, leur réponse aux notifications envoyées a été lente, inefficace et, surtout, insuffisante », écrit le rapport.
Meta n’a « notoirement » pas supprimé en temps voulu les messages contenant des affirmations manifestement fausses et trompeuses, ce qui a permis à ces contenus d’être partagés, ajoute le rapport.
Dans son rapport, le Centre a également souligné des incohérences dans les décisions de Meta de retirer ou de conserver du contenu, comme la vidéo « deepfake » de Michal Šimečka, à la tête du parti Slovaquie progressiste, et de la journaliste Monika Tódová, dans laquelle ils semblaient conspirer ensemble dans le but de manipuler le résultat des élections, ce qui, selon le rapport, « a eu un impact significatif sur la crédibilité des élections ».
Alors que le conseil a soumis un total de 48 réclamations à Meta concernant ladite vidéo « deepfake », la plateforme en a retiré 13, en a signalé 13 comme fausses, mais en a laissé 22 en ligne.
Le Centre note également que la vidéo peut toujours être visionnée sur Telegram, bien que l’entreprise de réseaux sociaux ait reçu une demande du Conseil slovaque des services médiatiques. Alors que les élections slovaques étaient censées être les premières de l’UE à être couvertes par la loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), Telegram n’est pas soumis à ses obligations.
« Le fait que la plateforme en ligne Telegram soit devenue une source majeure de diffusion d’informations trompeuses et fausses ayant un impact sur la conduite des élections, mais qu’elle ne soit pas soumise aux obligations de la réglementation sur les services numériques, ni signataire du Code de pratique sur la désinformation, est un problème très sérieux », déclare le Centre, ajoutant que la situation nécessite « une solution plus complète au niveau de l’UE ».
[Édité par Théophane Hartmann.]