Électricité : 1,6 milliard d’euros pour mieux relier la France et l’Espagne
La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé lundi 16 juin qu’elle débloquerait 1,6 milliard d’euros pour améliorer l’interconnexion électrique entre l’Espagne et la France.
La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé lundi 16 juin qu’elle débloquerait 1,6 milliard d’euros pour améliorer les échanges transfrontaliers d’électricité entre l’Espagne et la France.
Ces fonds serviront à financer un projet d’interconnexion qualifiée de « stratégique » qui prendra la forme d’une ligne électrique de 400 kilomètres, dont 300 kilomètres sous la mer, au niveau du golfe de Gascogne. Il s’agit de la première interconnexion sous-marine entre les deux pays.
Ce projet permettra de presque doubler la capacité de transfert d’électricité, qui passera de 2 800 à 5 000 mégawatts (MW). Il sera financé via des prêts accordés aux gestionnaires de réseaux espagnol et français, Red Eléctrica et RTE. La réalisation sera confiée à Inelfe, une coentreprise fondée en 2008 par les deux entités.
La nouvelle interconnexion « contribuera à garantir une électricité plus propre, plus sûre et plus abordable à des millions de personnes », précise dans un communiqué la BEI, une institution présidée par Nadia Calviño, ex-ministre de l’Économie du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
Sortir de l’isolement énergétique
L’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions sur le réseau ibérique, encore trop peu connecté au reste du continent.
« Le soutien de la Banque européenne d’investissement à l’interconnexion électrique entre la France et l’Espagne est essentiel pour que la péninsule ibérique cesse d’être une île énergétique », explique Nadia Calviño.
L’Espagne et le Portugal fonctionnent comme une « île énergétique », avec seulement 3 % d’interconnexions avec le reste de l’UE. Une situation dénoncée de longue date par Madrid et Lisbonne.
La panne de courant massive qui a touché la péninsule le 28 avril dernier a rappelé l’urgence de renforcer ces liaisons. Selon des experts, l’impact de ce black-out, dont la cause reste encore inconnue à ce jour, aurait pu être limité si davantage d’interconnexions avaient existé.
Dans un courrier adressé à la Commission européenne le 21 mai, le Portugal et l’Espagne avaient par ailleurs demandé une action urgente et coordonnée, avec « un engagement politique et financier ferme, à tous les niveaux » de la part des acteurs concernés.
Présent lors de la signature de l’accord lundi, Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie, a salué cette avancée, soulignant la nécessité d’un système européen plus interconnecté. « Il est essentiel de garantir à nos citoyens un accès à une énergie propre et stable, où qu’ils se trouvent », a-t-il déclaré. « C’est cela, la véritable Union de l’énergie. »
De son côté, Beatriz Corredor, présidente de Red Eléctrica, souligne quant à elle l’importance de cette coopération franco-espagnole pour faire face à la transition énergétique, qu’elle voit comme « l’un des plus grands défis de notre époque ».
L’objectif de l’Union européenne est que les États membres disposent d’« au moins 15 % de capacité de production installée interconnectée d’ici 2030 », ajoute la BEI, qui rappelle avoir déjà fourni à l’Espagne plus de 5 milliards d’euros de financements en 2024 pour des projets de sécurité énergétique.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]