Elio Di Rupo tente à nouveau de former un gouvernement en Belgique
Hier (16 mai), le roi des Belges a demandé au dirigeant du parti socialiste francophone de tenter de former un gouvernement, dans une nouvelle tentative pour sortir de l'impasse politique qui perdure depuis 11 mois dans ce pays en plein conflit linguistique.
Hier (16 mai), le roi des Belges a demandé au dirigeant du parti socialiste francophone de tenter de former un gouvernement, dans une nouvelle tentative pour sortir de l'impasse politique qui perdure depuis 11 mois dans ce pays en plein conflit linguistique.
Le roi Albert II a demandé à Elio Di Rupo, qui avait déjà essayé par le passé de former une coalition, de retenter sa chance dans les négociations entre les communautés francophone et néerlandophone.
L'échec de la Belgique quant à la formation d'un nouveau gouvernement aussi longtemps après les élections législatives a suscité des inquiétudes quant à la capacité du pays à gérer ses finances. L'année dernière, l'agence de notation Standard & Poor avait mis en garde ce pays de 11 millions d'habitants contre une éventuelle dégradation de sa note à cause de l'impasse politique.
« Il [le roi] l'a chargé de former un gouvernement et lui a demandé de prendre toute initiative utile à cet effet », a expliqué le palais dans une déclaration.
Si M. Di Rupo réussit cette mission, et ces derniers mois depuis les élections législatives de juin laissent penser que ce ne sera pas chose facile, il pourrait bien devenir premier ministre. Il s'agirait alors du premier chef de gouvernement francophone depuis 1974.
Le processus complexe de la formation d'un gouvernement dans ce pays implique que le roi nomme un « préformateur », chargé d'analyser la situation, et ensuite un « formateur » pour bâtir une coalition.
Jusqu'à présent, le roi n'avait nommé que des « préformateurs », et tous ont échoué. M. Di Rupo a cette fois-ci été nommé « formateur », ce qui laisse entendre que les perspectives d'un nouveau gouvernement sont meilleures, ou au contraire que la situation devient désespérée.
L'impasse politique réside dans les difficultés à trouver un terrain d'entente entre la Flandres plus riche, la région néerlandophone au Nord qui souhaite plus d'autonomie, et la Wallonie, la région francophone plus pauvre au Sud qui résiste au changement et n'oublie pas son passé industriel.
La statistique qui dépeint clairement ces différences reste le taux de chômage qui est deux fois plus élevé en Wallonie qu'en Flandres.
Avec un gouvernement en affaires courantes, la Belgique subit la pression des marchés financiers, avec des obligations de référence dont le rendement est en hausse. La dette du secteur public belge était de 96,8 % du PIB l'année dernière.
Malgré le fait que les récentes performances économiques et le projet du gouvernement de plafonner le déficit aient quelque peu apaisé ces craintes, l'agence de notation de crédit Standard & Poor reste pessimiste quant au maintien de la note AA+ de la Belgique.
Nombreux étaient ceux qui voyaient M. Di Rupo en premier ministre suite aux élections de juin dernier. Son parti a perdu d'un siège par rapport à celui des séparatistes flamands, la N-VA.
Les hommes politiques de la N-VA, dont dépend la conclusion d'un accord, ont toutefois déclaré la semaine dernière qu'ils étaient encore loin de sortir de l'impasse.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)