Emmanuel Macron aux Pays-Bas : son discours sur l'économie de l’UE chamboulé par des manifestants
Le Président de la République a tenu un discours à La Haye mardi (11 avril), dans le cadre de son voyage de deux jours aux Pays-Bas. Alors qu'il présentait sa doctrine économique européenne, il a été interrompu par des manifestants.
Le Président de la République a tenu un discours à La Haye mardi (11 avril), dans le cadre de son voyage de deux jours aux Pays-Bas. Alors qu’il présentait sa doctrine économique européenne, il a été interrompu par des manifestants.
Invité par le Nexus Institut, un think tank néerlandais, Emmanuel Macron a présenté sa doctrine économique de l’UE, basée sur cinq piliers – le marché unique, la politique industrielle, la protection, la réciprocité et la coopération.
« Nous devons réduire notre dépendance et renforcer notre souveraineté européenne. L’Europe était trop poussée par l’approche client et pas suffisamment par l’approche citoyenne », a-t-il affirmé dans un discours prononcé en anglais.
« Cela ne veut pas dire s’éloigner de nos alliés, mais de ne pas être de simples témoins de l’Histoire », a-t-il précisé pour éteindre la polémique suscitée par ses déclarations sur « l’autonomie stratégique » sur Taïwan.
Emmanuel Macron a aussi insisté sur la mise en œuvre d’une « politique industrielle verte » au niveau européen, nécessitant plus d’autonomie énergétique et une diversification des dépendances.
Sur le plan commercial, il a plaidé pour une « réciprocité » dans le cadre des traités de libre-échange, jusqu’à refuser de signer avec des pays qui ne respecteraient pas les accords de Paris.
Interruption
Le discours a également été marqué par une interruption, dès les premières minutes, par des manifestants à l’extérieur et à l’intérieur de la salle de réception.
Dans les tribunes, on pouvait lire sur une banderole « President of violence and hypocrisy » (« président de la violence et de l’hypocrisie »), et entendre des interpellations fustigeant l’inaction climatique du président – « Convention on climate has been put aside » (« La convention sur le climat a été mise de côté ») – ou la réforme des retraites.
«Je peux répondre à toutes les questions sur ce dont nous discutons en France», a répondu le chef de l’État, « ceci est une démocratie et une démocratie est exactement un endroit où l’on peut manifester » et voir « ce type d’interventions ». Les manifestants ont rapidement été évacués et le discours a pu redémarrer dans le calme.
Sur la réforme des retraites, adopté par le gouvernement via l’article 49.3 de la Constitution, Emmanuel Macron a tenu à rappeler que « dans d’autres pays, cela va bien au-delà de 64 ans ». Avant de marteler : « Ces réformes sont essentielles ».
Cette visite officielle est la première d’un président français aux Pays-Bas depuis 2000, et fait suite à celle du couple royal en France en 2016.