Emmanuel Macron compte recontacter Vladimir Poutine après sa visite aux États-Unis

Emmanuel Macron a déclaré samedi dans une interview après sa visite d’État aux États-Unis qu’il avait l’intention de recontacter à nouveau à Vladimir Poutine, mentionnant entre autres les préoccupations de la Russie concernant l’expansion de l’OTAN à l’est.

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President Biden and President Macron of France Joint Press Conference
Le président français lors d'une conférence de presse aux Etats-Unis, pendant sa visite d'Etat. [EPA-EFE/CHRIS KLEPONIS / POOL]

Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi (3 décembre) dans une interview après sa visite d’État aux États-Unis qu’il avait l’intention de recontacter à nouveau à Vladimir Poutine, mentionnant entre autres les préoccupations de la Russie concernant l’expansion de l’OTAN à l’est.

Le président français Emmanuel Macron a accordé une interview aux chaînes françaises TF1 et LCI après sa visite d’État de quatre jours aux États-Unis où il a entre autres discuté de la situation en Ukraine avec le président américain Joe Biden. Selon le président français, les deux pays sont unis dans leur volonté de voir une fin à ce conflit.

« Nous devons tout faire pour mettre la pression à la Russie afin qu’elle revienne sur la table des négociations », a déclaré M. Macron, ajoutant qu’il revient en définitive au peuple ukrainien de décider de la voie à suivre et de l’ordre du jour.

« Le peuple ukrainien doit décider », a déclaré Emmanuel Macron, en établissant un parallèle avec l’histoire de France.

« Est-ce que vous pensez que lorsque nous avons eu à vivre la prise de l’Alsace et de la Lorraine, nous aurions aimé qu’un dirigeant du monde nous dise de faire ceci ou cela ? […] C’est au peuple ukrainien de disposer de lui-même et de décider à quelles conditions, comment, quand, pas à nous », a insisté le président français.

Il a également évoqué avec le président Biden « l’architecture de sécurité dans laquelle nous voulons vivre demain », mentionnant les craintes de Vladimir Poutine d’une expansion de l’OTAN à l’est.

« Ce sujet fera partie des facteurs pour la paix, et donc il faut aussi le préparer : qu’est-ce qu’on est prêts à faire, comment nous protégeons nos alliés et les États membres, tout en donnant des garanties pour sa propre sécurité à la Russie le jour où elle reviendra à la table des négociations ? », a interrogé Emmanuel Macron.

Le président français s’est par ailleurs dit prêt à discuter à nouveau avec Vladimir Poutine.

« Je reparlerai au président Poutine après avoir eu le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a-t-il déclaré, ajoutant que le plus important était « de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’escalade sur le nucléaire civil », alors que les combats autour de la centrale de Zaporijjia font craindre une catastrophe nucléaire.

Joe Biden, quant à lui, a déclaré qu’il n’avait pas, à ce stade, l’intention de contacter son homologue russe.

« Je n’ai pas de plans immédiats pour contacter M. Poutine », a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche après les entretiens avec son homologue français, ajoutant toutefois qu’il est prêt à parler avec lui s’il montre un intérêt pour mettre fin à la guerre en Ukraine, et seulement en consultation avec les alliés de l’OTAN.

La déclaration de M. Macron sur les garanties de sécurité envers la Russie confirme ce qu’EURACTIV rapportait le mois dernier sur les équilibres au sein de l’OTAN.

Notamment, une source de l’OTAN a insisté sur le fait qu’il existe un groupe d’Européens de l’Est, de Scandinaves, de Britanniques et de pays de l’ex-Yougoslavie soutenant une approche à somme nulle vis-à-vis de la Russie, tandis que les membres traditionnels de l’OTAN, tels que les États-Unis, la France, la Turquie, l’Italie et la Grèce seraient plus modérés à cet égard.

La source de l’OTAN a souligné que, « heureusement », Washington a pris l’initiative au sein de l’OTAN et que, par conséquent, une approche « plus modérée » a prévalu, tandis que la France, selon la source, s’est rapprochée de la position américaine.

Il est également suggéré que certains membres de l’OTAN ont émis des réserves sur les échanges entre l’amiral Rob Bauer, président du Comité militaire de l’OTAN, et son homologue russe, le général Valery Gerasimov, au sujet de la sécurité mutuelle. Les deux hommes auraient convenu d’être « prudents« , notamment en ce qui concerne les navires qui ne naviguent pas à proximité les uns des autres en mer Noire afin d’éviter les « accidents« .

Le ministère russe de la Défense a réagi à l’article d’EURACTIV en déclarant que « les spéculations des médias occidentaux sur une prétendue conversation ‘récente’ entre le chef d’état-major général des forces armées russes, le général d’armée Valery Gerasimov, et le président du Comité militaire de l’OTAN, Rob Bauer, sont fausses ».

« Il n’y a pas eu de contact de ce type, et encore moins ‘systématique’, avec le président du Comité militaire de l’OTAN ou d’autres représentants de l’Alliance de l’Atlantique Nord au sein d’une commission de crise russo-américaine inexistante pour la résolution des conflits », a déclaré le ministère de la Défense.

Il a ajouté que les spéculations sur la conclusion d’un certain accord avec M. Bauer concernant la sécurité du mouvement des navires en mer Noire étaient « fictives du début à la fin ».