En 2023, 30 % de la production mondiale d’électricité provenait des énergies renouvelabes

Selon le groupe de réflexion Ember, les énergies renouvelables représentaient 30 % de la production mondiale d’électricité en 2023, ce qui place l’énergie verte en bonne voie pour supplanter le charbon.

Euractiv.com
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Les émissions mondiales du secteur de l’électricité s’élevaient encore à 14 milliards de tonnes de CO2, 61 % de la production électrique provenant du charbon et du gaz. [<a href="https://www.shutterstock.com/nl/g/Kitsadakron_Photography" target="_blank" rel="noopener">Shutterstock/Love Silhouette</a>]

Selon une analyse du groupe de réflexion Ember, les énergies renouvelables représentaient 30 % de la production mondiale d’électricité en 2023, une première qui place l’énergie verte en bonne voie pour supplanter le charbon.

D’ici à 2050, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que plus de 50 % de la consommation mondiale d’énergie proviendra de l’électricité, et non plus de combustibles fossiles. L’électricité verte sera donc cruciale pour atteindre le zéro émission nette dans le monde.

Pourtant, en 2023, les émissions mondiales du secteur de l’électricité s’élevaient encore à 14 milliards de tonnes de CO2, 61 % de la production électrique provenant du charbon et du gaz.

Bien que les énergies renouvelables représentaient 80 % des nouvelles capacités de production d’électricité pendant quelques années, les émissions du secteur ont augmenté de 1 % par rapport à 2022, en raison notamment des faibles rendements de l’hydroélectricité.

Mais le vent pourrait bien tourner. « L’avenir du renouvelable est arrivé », a affirmé Dave Jones, directeur des études mondiales d’Ember. « L’énergie solaire, en particulier, progresse plus vite que ce que l’on aurait pu imaginer. »

L’année 2023 devrait être la dernière année d’augmentation des émissions mondiales du secteur de l’électricité. En effet, sans la sécheresse observée l’année dernière en Chine, les émissions mondiales du secteur de l’électricité auraient déjà diminué cette année-là.

Outre la tendance du secteur de l’électricité à se rapprocher de la neutralité climatique, deux éléments sont à souligner : les performances de l’UE et le secteur de l’énergie solaire.

L’essor de l’énergie solaire

Le nombre de panneaux solaires installés chaque année a augmenté pendant 19 années consécutives, note le think tank Ember.

En 2023, 76 % de panneaux solaires supplémentaires ont été installés par rapport à 2022, en raison d’une « forte baisse des coûts, de politiques favorables, d’améliorations de l’efficacité technologique et d’une plus grande capacité de production », peut-on lire dans le rapport du groupe.

Alors que le monde cherche à tripler sa capacité en matière d’énergies renouvelables d’ici à 2030, l’énergie solaire devrait s’imposer : de 1,5 térawatt (TW) aujourd’hui, la capacité devrait passer à 6 TW d’ici à la fin de la décennie.

L’énergie solaire représentera alors 55 % de l’ensemble des énergies renouvelables, devançant l’énergie éolienne, malgré ses dix ans d’avance, et l’énergie hydroélectrique, qui a un siècle d’avance.

Actuellement, l’énergie solaire représente déjà plus de 10 % de la production annuelle d’électricité dans 33 pays.

L’UE en tête

Malgré — ou peut-être à cause — de la crise énergétique actuelle, l’UE reste un leader mondial en matière d’énergies renouvelables. En 2023, l’énergie éolienne dépassera le gaz avec une part de 17,5 % du bouquet énergétique, soit plus du double de la moyenne mondiale.

« L’UE a contribué à hauteur de 17 % à la croissance mondiale de l’énergie solaire et éolienne en 2023 », souligne Ember dans son rapport, ajoutant que le bloc a considérablement réduit sa consommation d’électricité produite à base de charbon, ce qui la place en deuxième position derrière les États-Unis.

Comparée à la Chine, aux États-Unis et à l’Inde, « l’UE a la part la plus faible de combustibles fossiles dans son mix électrique […] avec seulement 33 % », précise le rapport.

L’énergie décarbonée, combinant le nucléaire (23 %), l’éolien (17,5 %), l’hydraulique (12 %) et le solaire (9 %), constitue le reste de l’approvisionnement en électricité de l’UE.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]