En 2023, l'Allemagne n'atteindra pas l'objectif des 2 % de PIB promis pour ses armées

Au vu du budget pour 2023, l'Allemagne n'atteindra pas l'objectif des 2 % de PIB octroyés aux dépenses militaires, comme l'avait promis le chancelier Olaf Scholz en février dernier, quelques jours après l'invasion russe en Ukraine.

EURACTIV Allemagne
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Le chef de l'opposition allemande Friedrich Merz lors des débats sur le budget 2023 au Bundestag, mercredi (7 septembre). [ CLEMENS BILAN/EPA-EFE]

Au vu du budget pour 2023, l’Allemagne n’atteindra pas l’objectif des 2 % de PIB octroyés aux dépenses militaires, comme l’avait promis le chancelier Olaf Scholz en février dernier, quelques jours après l’invasion russe en Ukraine. Le chef de l’opposition Friedrich Merz a fait entendre sa colère, lors d’une assemblée plénière du Bundestag (parlement allemand).

« Vous ne tenez pas votre propre promesse : octroyer à la Bundeswehr [armée allemande] plus de 2 % du PIB en budget chaque année dès 2022 », a déclaré M. Merz mercredi (7 septembre), qui dirige le plus grand parti d’opposition du pays, la CDU.

Quelques jours après le début de l’invasion russe en l’Ukraine, fin février, dans ce qui était largement considéré comme un tournant historique pour l’Allemagne, M. Scholz avait annoncé qu’un budget spécial de 100 milliards d’euros serait consacré aux armées allemandes.

Le chancelier, par la même occasion, avait confirmé son engagement à consacrer 2 % du PIB allemand à la défense, objectif commun à tous les pays membres de l’OTAN.

Suite à de telles promesses cependant, « le budget de la Bundeswehr aurait dû augmenter, mais il est réduit », a souligné M. Merz. « Nous ne pouvons plus faire confiance aux promesses du gouvernement », a-t-il ajouté.

Les propos de M. Merz ont été tenus lors du débat général (Generaldebatte) au sein du Bundestag – une occasion pour les parlementaires de débattre du prochain budget annuel. Une rencontre politique au sommet, laissant traditionnellement place à des échanges électriques entre le gouvernement et l’opposition.

La ministre de la défense Christine Lambrecht a réfuté les critiques de M. Merz. Elle a souligné que le nouveau budget prévoit 50,1 milliards d’euros pour les dépenses de défense, soit 2,8 milliards d’euros de plus que prévu initialement.

Toutefois, comme l’a fait remarquer la députée conservatrice Kerstin Vieregge, les dépenses de défense resteraient inférieures à celles du budget annuel précédent, malgré une inflation galopante.

[Article édité par Théo Bourgery-Gonse]